{"id":18770,"date":"2025-01-22T08:03:46","date_gmt":"2025-01-22T12:03:46","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=18770"},"modified":"2026-01-22T22:02:09","modified_gmt":"2026-01-23T02:02:09","slug":"edgar-allan-poe-linhumation-prematuree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/edgar-allan-poe-linhumation-prematuree\/18770\/","title":{"rendered":"Edgar Allan Poe: L&rsquo;Inhumation pr\u00e9matur\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Synopsis :<\/strong> \u00ab <em>L\u2019Inhumation pr\u00e9matur\u00e9e<\/em> \u00bb (<em>The Premature Burial<\/em>) est une nouvelle de Edgar Allan Poe, publi\u00e9e le 31 juillet 1844 dans le <em>Dollar Newspaper<\/em>. D\u2019un style \u00e0 mi-chemin entre la fiction et le r\u00e9cit journalistique, elle raconte l\u2019histoire d\u2019un homme obs\u00e9d\u00e9 par la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre enterr\u00e9 vivant. S\u2019appuyant sur des cas document\u00e9s d\u2019inhumations pr\u00e9matur\u00e9es en divers lieux, le narrateur \u00e9tablit que de tels \u00e9v\u00e9nements surviennent avec une fr\u00e9quence inqui\u00e9tante. Lui-m\u00eame, sujet \u00e0 des crises de catalepsie et accabl\u00e9 par la peur, prend toute une s\u00e9rie de pr\u00e9cautions afin d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00eatre victime d\u2019un destin aussi horrifiant.<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-a89578b0\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Edgar-Allan-Poe-El-entierro-prematuro.webp\" alt=\"Edgar Allan Poe: L'Inhumation pr\u00e9matur\u00e9e\" class=\"wp-image-18763\" srcset=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Edgar-Allan-Poe-El-entierro-prematuro.webp 1024w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Edgar-Allan-Poe-El-entierro-prematuro-300x300.webp 300w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Edgar-Allan-Poe-El-entierro-prematuro-150x150.webp 150w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Edgar-Allan-Poe-El-entierro-prematuro-768x768.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">L&rsquo;Inhumation pr\u00e9matur\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Edgar Allan Poe <br>( Nouvelle compl\u00e8te )<\/p>\n\n\n\n<p>Il est certains sujets portant en eux un int\u00e9r\u00eat poignant, mais qui causent trop d\u2019horreur pour qu\u2019on puisse l\u00e9gitimement les traiter dans une fiction. Les romanciers, s\u2019ils ne veulent offenser ou d\u00e9go\u00fbter le lecteur, doivent \u00e9viter de les mettre en \u0153uvre. On ne peut y toucher que sanctionn\u00e9 et soutenu par la majest\u00e9 du vrai. Le passage de la B\u00e9r\u00e9zina, le tremblement de terre de Lisbonne, la peste de Londres, le massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy, la mort des cent vingt-trois prisonniers \u00e9touff\u00e9s dans le trou noir de Calcutta, nous font passer par la plus intense des souffrances voluptueuses. Mais c\u2019est le fait, c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9 historique qui nous \u00e9meuvent dans ces r\u00e9cits. Invent\u00e9s de toutes pi\u00e8ces, nous les consid\u00e9rerions avec horreur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je viens de mentionner les plus augustes et les plus formidables calamit\u00e9s dont on se souvienne. Notre fantaisie y est impressionn\u00e9e par la grandeur autant que par la nature de la catastrophe. Mais je n\u2019ai pas besoin de rappeler au lecteur que, dans la liste longue et fatale des infortunes humaines, j\u2019aurais pu choisir des exemples individuels plus satur\u00e9s d\u2019horreur, qu\u2019aucun de ces vastes d\u00e9sastres. La v\u00e9ritable mis\u00e8re, la souffrance extr\u00eame \u00e9choient au petit nombre seul et non pas \u00e0 la multitude. Remercions un Dieu de mis\u00e9ricorde d\u2019avoir r\u00e9serv\u00e9 les agonies derni\u00e8res \u00e0 l\u2019homme-unit\u00e9 et d\u2019en avoir pr\u00e9serv\u00e9 l\u2019homme-foule.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre enterr\u00e9 vivant est certes la plus terrible des extr\u00e9mit\u00e9s qui se soient jamais appesanties sur une cr\u00e9ature mortelle. Que cela soit arriv\u00e9 fr\u00e9quemment, tr\u00e8s fr\u00e9quemment, aucun homme de sens ne le niera. Les limites qui s\u00e9parent la mort de la vie sont, \u00e0 prendre les choses au mieux, obscures et vagues. Qui dira o\u00f9 l\u2019une finit et o\u00f9 l\u2019autre commence&nbsp;? Nous savons qu\u2019il existe des cas pathologiques dans lesquels toutes les fonctions apparentes de la vie semblent cesser et ne sont, \u00e0 proprement parler, que suspendues. Ce sont les arr\u00eats temporaires d\u2019un m\u00e9canisme incompr\u00e9hensible. Une p\u00e9riode ind\u00e9finie s\u2019\u00e9coule, et quelque principe myst\u00e9rieux, imperceptible, met de nouveau en branle les pignons magiques et les roues enchant\u00e9es. Le lien d\u2019argent n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9nou\u00e9 \u00e0 jamais, ni le globe d\u2019or irr\u00e9parablement bris\u00e9. Mais, pendant ce temps, l\u2019\u00e2me qu\u2019\u00e9tait-elle devenue&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, outre la conclusion in\u00e9vitable et&nbsp;<em>a priori<\/em>, qu\u2019une cause devant forc\u00e9ment produire son effet, il est n\u00e9cessaire que les cas fr\u00e9quents et connus de mort apparente donnent lieu \u00e7\u00e0 et l\u00e0 \u00e0 des enterrements h\u00e2tifs, outre cette consid\u00e9ration, nous avons le t\u00e9moignage direct de l\u2019exp\u00e9rience et des hommes de savoir pour d\u00e9montrer que souvent de pareilles inhumations ont \u00e9t\u00e9 accomplies. Je pourrais en citer imm\u00e9diatement, si cela \u00e9tait n\u00e9cessaire, une centaine d\u2019exemples bien authentiques. Il serait ais\u00e9 de multiplier ces histoires, mais je m\u2019en abstiens. Elles nous sont inutiles pour \u00e9tablir une th\u00e8se \u00e9vidente. Et si nous songeons combien il est rare que nous puissions constater ces cas d\u2019enterrement pr\u00e9matur\u00e9, il nous faudra admettre encore qu\u2019ils doivent fr\u00e9quemment se produire sans que nous le sachions. En r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019arrive pas souvent qu\u2019un cimeti\u00e8re soit d\u00e9tourn\u00e9 de sa destination, sans que l\u2019on y trouve des squelettes tordus en postures qui sugg\u00e8rent les plus \u00e9pouvantables soup\u00e7ons. Terribles en effet ces soup\u00e7ons, mais combien plus terrible la chose&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>On peut affirmer sans h\u00e9sitation que rien n\u2019est plus fait pour inspirer le dernier degr\u00e9 de la d\u00e9tresse physique et morale, que de se sentir enterr\u00e9 vivant. L\u2019oppression insupportable des poumons, les vapeurs \u00e9touffantes de la terre humide, l\u2019\u00e9lancement des v\u00eatements mortuaires, le contact rigide de la maison \u00e9troite, la noirceur des t\u00e9n\u00e8bres absolues, le silence qui vous accable, profond et pesant comme une mer, la pr\u00e9sence invisible mais per\u00e7ue du ver, l\u2019universel conqu\u00e9rant, ces \u00e9pouvantes jointes \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019herbe verte et d\u2019air au-dessus, avec le souvenir d\u2019amis chers qui voleraient \u00e0 votre secours s\u2019ils savaient ce que vous souffrez, la certitude que jamais ils n\u2019en seront inform\u00e9s, que votre part d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e est celle des vraiment morts, ces id\u00e9es, dis-je, portent dans le c\u0153ur encore palpitant une terreur insupportable devant laquelle bl\u00eamit et se d\u00e9tourne l\u2019homme le plus d\u00e9termin\u00e9. Nous ne connaissons pas d\u2019agonie plus dure sur terre, nous ne pouvons r\u00eaver qu\u2019il y ait un supplice plus hideux dans le dernier cercle de l\u2019enfer. Et c\u2019est l\u00e0 ce qui donne \u00e0 ce sujet son int\u00e9r\u00eat extr\u00eame, mais d\u00e9pendant, \u00e0 cause de l\u2019horreur dont il proc\u00e8de, de notre conviction que les choses cont\u00e9es sont vraies. Or ce que je vais dire est tir\u00e9 de ma connaissance propre, de mes souvenirs personnels et positifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant plusieurs ann\u00e9es, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 sujet \u00e0 des attaques de ce mal singulier que les m\u00e9decins se sont accord\u00e9s \u00e0 appeler catalepsie, faute de d\u00e9nomination plus pr\u00e9cise. Quoique les causes lointaines et imm\u00e9diates de ce mal, quoique ses diagnostics m\u00eames, soient encore myst\u00e9rieux, ses caract\u00e8res apparents sont suffisamment connus. La maladie a divers degr\u00e9s. Dans l\u2019un, le patient demeure en une sorte de l\u00e9thargie extraordinaire, tant\u00f4t durant un jour, tant\u00f4t durant un temps moindre. Il reste sans sentiment, sans mouvement ext\u00e9rieur&nbsp;; mais le pouls est encore faiblement perceptible&nbsp;; quelques traces de chaleur ont persist\u00e9&nbsp;; une faible rougeur colore le centre des joues et, en appliquant un miroir aux l\u00e8vres, on arrive \u00e0 reconna\u00eetre l\u2019action tardive, in\u00e9gale, vacillante des poumons. D\u2019autres fois l\u2019attaque dure des semaines, des mois&nbsp;; et alors l\u2019examen le plus d\u00e9taill\u00e9, les \u00e9preuves m\u00e9dicales les plus rigoureuses ne parviennent pas \u00e0 \u00e9tablir de distinction entre l\u2019\u00e9tat du patient et ce que nous sommes convenus d\u2019appeler la mort absolue. Habituellement le malade \u00e9chappe \u00e0 l\u2019inhumation pr\u00e9matur\u00e9e, par la connaissance qu\u2019ont ses proches de ses acc\u00e8s pr\u00e9c\u00e9dents, les soup\u00e7ons qui en r\u00e9sultent, et surtout par l\u2019\u00e9tat de conservation o\u00f9 se maintient son corps. Les progr\u00e8s de la maladie, heureusement, sont lents. Ses premi\u00e8res manifestations quoique marqu\u00e9es, sont \u00e9quivoques. Ensuite les acc\u00e8s se caract\u00e9risent et se prolongent. C\u2019est cette gradation qui seule assure contre l\u2019inhumation pr\u00e9matur\u00e9e. Le malheureux qui, du premier coup, serait en butte \u00e0 une attaque violente, comme cela arrive parfois, serait presque in\u00e9vitablement livr\u00e9 vif \u00e0 la tombe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon cas ne se distinguait par aucune particularit\u00e9 marquante de ceux d\u00e9crits dans les livres de m\u00e9decine. Quelquefois sans aucune raison apparente, je tombais dans un \u00e9tat de demi syncope, et, sans souffrance, sans pouvoir remuer, ni m\u00eame penser, \u00e9prouvant la connaissance sourde et somnolente de mon existence, de la pr\u00e9sence des personnes autour de mon lit, je demeurais inerte, jusqu\u2019\u00e0 ce que la crise de mon mal me r\u00e9tablit subitement dans la pl\u00e9nitude de mes facult\u00e9s. D\u2019autres fois, j\u2019\u00e9tais frapp\u00e9 rapidement et imp\u00e9tueusement. J\u2019\u00e9tais saisi de faiblesse, d\u2019engourdissement, de frissons, de vertiges et je tombais tout \u00e0 coup en une prostration profonde. Alors, des semaines durant, tout \u00e9tait vide, silencieux, noir, et l\u2019univers s\u2019annihilait. Je revenais de ces derni\u00e8res attaques, aussi graduellement et aussi lentement que l\u2019acc\u00e8s avait \u00e9t\u00e9 soudain. Comme le jour point pour un mendiant errant sans demeure et seul pendant les longues nuits d\u2019hiver, aussi tardive, aussi r\u00e9confortante renaissait en moi la lumi\u00e8re de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 part ces attaques, ma sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale paraissait bonne, et je ne pouvais m\u2019apercevoir qu\u2019elle d\u00e9clin\u00e2t par mon mal, \u00e0 moins que celui-ci ne f\u00fbt cause d\u2019une sorte d\u2019idiosyncrasie qui me prenait pendant mon sommeil ordinaire. En me r\u00e9veillant le matin, je ne parvenais jamais \u00e0 reprendre imm\u00e9diatement la pleine possession de mes sens. Je demeurais toujours en grand effarement et perplexit\u00e9, mes facult\u00e9s mentales, et particuli\u00e8rement ma m\u00e9moire, tardant \u00e0 m\u2019ob\u00e9ir.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes mes sensations, libres d\u2019ailleurs de souffrance physique, \u00e9taient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9es d\u2019une infinie d\u00e9tresse morale. Ma fantaisie se prit \u00e0 hanter les charniers. Je parlais de tombeaux, d\u2019\u00e9pitaphes, de d\u00e9composition. Je me perdais en r\u00eaveries fun\u00e8bres, et la pens\u00e9e d\u2019\u00eatre enterr\u00e9 vif r\u00e9gnait en ma\u00eetre dans mon cerveau. Le danger horrible auquel j\u2019\u00e9tais expos\u00e9, je m\u2019en souvenais jour et nuit, torture excessive dans l\u2019un, supr\u00eame dans l\u2019autre. Quand l\u2019obscurit\u00e9 pleine d\u2019\u00e9pouvantes tombait sur terre, alors, de toutes les horreurs de la pens\u00e9e, je tremblais, comme les plumes sombres qui vacillent aux quatre coins d\u2019un corbillard. Quand je ne pouvais plus endurer la veille, il me fallait lutter pour me contraindre \u00e0 dormir, car je frissonnais en me disant qu\u2019\u00e0 mon r\u00e9veil, je pouvais me trouver clos dans une tombe. Et quand enfin je c\u00e9dais au sommeil, ce n\u2019\u00e9tait que pour tomber dans un monde de fant\u00f4mes o\u00f9 planait seule sur ses ailes noires et ombreuses mon \u00e9ternelle id\u00e9e s\u00e9pulcrale.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les innombrables images de deuil qui m\u2019oppress\u00e8rent ainsi en songe, je prends, pour la rappeler, une vision unique.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me crus saisi une fois d\u2019une attaque de catalepsie de dur\u00e9e et d\u2019intensit\u00e9 plus qu\u2019ordinaires. Tout \u00e0 coup une main froide vint sur mon front, une voix impatiente et chevrotante murmura les mots&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u00e8ve-toi,&nbsp;\u00bb \u00e0 mon oreille.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me dressai sur mon lit, et, l\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tant totale, je ne pus voir la figure de celui qui m\u2019\u00e9veillait. Je n\u2019arrivais pas \u00e0 me rappeler \u00e0 quelle \u00e9poque j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9 en catalepsie, ni l\u2019endroit o\u00f9 j\u2019\u00e9tais alors couch\u00e9. Comme je demeurais sans mouvement, et m\u2019occupais \u00e0 rassembler mes pens\u00e9es, la main froide me saisit durement au poignet et la voix chevrotante reprit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 L\u00e8ve-toi. Ne t\u2019ai-je pas dit de te lever&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Et qui es-tu&nbsp;? demandai-je.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je n\u2019ai pas de nom dans les r\u00e9gions que j\u2019habite, r\u00e9pliqua la voit lugubre. J\u2019\u00e9tais mortel, et suis un esprit&nbsp;; j\u2019\u00e9tais sans piti\u00e9, et suis compatissant. Tu sens que je tremble. Mes dents, pendant que je parle, claquent. Et cependant ce n\u2019est pas du froid de la nuit, de la nuit sans fin. Mais cette horreur est insupportable. Comment peux-tu dormir tranquille&nbsp;? Je ne puis me reposer \u00e0 cause de la clameur de ces grandes agonies, et les voir est plus que je ne puis supporter. L\u00e8ve-toi. Viens avec moi dans la nuit ext\u00e9rieure et laisse-moi te d\u00e9couvrir les tombes. N\u2019est-ce pas une vue pitoyable&nbsp;? Regarde&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je regardai. La figure invisible qui me tenait encore par le poignet, avait entr\u2019ouvert les touches de toute l\u2019humanit\u00e9, et de chacune sortait une faible phosphorescence produite par la putr\u00e9faction. En sorte que je pouvais sonder les retraites cach\u00e9es et inspecter les corps emmaillot\u00e9s, pris dans leur somme morose en compagnie du ver. Mais h\u00e9las&nbsp;! Les \u00e9veill\u00e9s \u00e9taient plus nombreux que les donneurs. Sur toute la plaine r\u00e9gnait comme une faible agitation, comme une inqui\u00e9tude g\u00e9n\u00e9rale, et de la profondeur des fosses sans nombre montait le bruissement lugubre des suaires froiss\u00e9s. M\u00eame de ceux qui semblaient reposer tranquillement, j\u2019en voyais un grand nombre qui avaient modifi\u00e9 la posture rigide et incommode dans laquelle ils avaient \u00e9t\u00e9 mis en tombe. Et la voix me dit encore comme je regardais&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 N\u2019est-ce pas une vue pitoyable&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Mais avant que j\u2019eusse pu trouver un mot de r\u00e9ponse, le fant\u00f4me avait cess\u00e9 de tenir mon poignet, les lueurs phosphorescentes s\u2019\u00e9teignirent et les tombes se ferm\u00e8rent avec une violence soudaine, tandis que de leur sein sortait une clameur d\u2019appels d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s r\u00e9p\u00e9tant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 N\u2019est-ce pas, \u00f4 Dieu, n\u2019est-ce pas une vue tr\u00e8s pitoyable&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces apparitions nocturnes \u00e9tendirent leur influence terrifiante \u00e0 mes heures de veille. Mes nerfs se d\u00e9tendirent compl\u00e8tement et je tombai en proie \u00e0 une terreur immense. J\u2019h\u00e9sitais \u00e0 aller \u00e0 cheval, \u00e0 marcher, \u00e0 m\u2019adonner \u00e0 aucun exercice qui p\u00fbt m\u2019\u00e9loigner de chez moi. En fait je n\u2019osais plus me hasarder hors de la pr\u00e9sence imm\u00e9diate de ceux qui me savaient sujet \u00e0 mes attaques, craignant que si je tombais malade, je ne fusse enterr\u00e9 vif avant que mon v\u00e9ritable \u00e9tat ne f\u00fbt reconnu. Je doutai de la sollicitude, de la fid\u00e9lit\u00e9 de mes plus chers amis. Je m\u2019imaginai que si j\u2019\u00e9tais saisi d\u2019une attaque plus longue que d\u2019habitude, on leur persuaderait facilement que je ne pouvais plus revenir \u00e0 la vie. J\u2019allai m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 me dire que je les incommodais beaucoup et qu\u2019ils seraient heureux de consid\u00e9rer tout acc\u00e8s prolong\u00e9 comme un pr\u00e9texte suffisant pour se d\u00e9barrasser de moi d\u2019un coup. C\u2019\u00e9tait en vain qu\u2019ils t\u00e2chaient de me rassurer par les promesses les plus solennelles. Je leur arrachai le serment sacr\u00e9 que, dans aucun cas, ils ne m\u2019enterreraient avant que mon cadavre ne f\u00fbt d\u00e9compos\u00e9 au point de rendre toute conservation ult\u00e9rieure impossible. Et m\u00eame alors mes angoisses mortelles ne voulurent entendre raison ni accepter de consolation.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entrepris une s\u00e9rie de pr\u00e9cautions laborieuses. Entre autres, je fis reb\u00e2tir mon caveau de famille, de fa\u00e7on qu\u2019on p\u00fbt l\u2019ouvrir ais\u00e9ment de l\u2019int\u00e9rieur. La plus l\u00e9g\u00e8re pression sur une longue barre de fer qui s\u2019\u00e9tendait au loin sous la vo\u00fbte ferait retomber en dedans les battants ferr\u00e9s de la porte. J\u2019avais pris garde aussi de laisser entrer l\u2019air et la lumi\u00e8re, d\u2019\u00e9tablir des r\u00e9ceptacles propres \u00e0 contenir des aliments et de l\u2019eau, \u00e0 port\u00e9e du cercueil destin\u00e9 \u00e0 me recevoir. Celui-ci \u00e9tait chaudement et mollement capitonn\u00e9. Son couvercle \u00e9tait pourvu comme la porte du tombeau de ressorts arrang\u00e9s de mani\u00e8re que le plus l\u00e9ger mouvement du cadavre suffit \u00e0 les faire jouer. En outre, au toit du caveau \u00e9tait suspendue une grosse cloche dont la corde devait passer par un trou ans le cercueil et \u00eatre attach\u00e9e \u00e0 ma main. Mais que valent les pr\u00e9cautions contre la destin\u00e9e&nbsp;! Toutes les miennes, si bien combin\u00e9es, ne devaient pas sauver des derni\u00e8res agonies un malheureux condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre enterr\u00e9 vif.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois, je me trouvai passant, comme cela m\u2019\u00e9tait souvent arriv\u00e9, d\u2019une inconscience totale dans le premier sentiment faible et ind\u00e9fini de mon existence. Lentement, avec la marche d\u2019une tortue, arrivait la faible lueur grise de la lumi\u00e8re mentale. Un malaise torpide, le sentiment apathique d\u2019une souffrance sourde, pas d\u2019inqui\u00e9tude, pas d\u2019esp\u00e9rance, pas d\u2019effort. Puis, apr\u00e8s un long intervalle, un tintement dans les oreilles&nbsp;; puis, apr\u00e8s une dur\u00e9e plus longue encore, une sensation de fourmillement aux extr\u00e9mit\u00e9s. Ensuite, une p\u00e9riode comme \u00e9ternelle de repos voluptueux, pendant lequel mes sensations renaissantes travaillaient \u00e0 se fa\u00e7onner en pens\u00e9es. Encore une lourde rechute dans l\u2019inconscience, un retour soudain, enfin le l\u00e9ger tremblotement de la paupi\u00e8re, et, imm\u00e9diatement, un choc \u00e9lectrique de terreur mortelle qui chassa le sang du c\u0153ur aux tempes, furieusement.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors je fis le premier effort positif pour penser, la premi\u00e8re tentative pour me ressouvenir. Le succ\u00e8s fut d\u2019abord partiel et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, puis la m\u00e9moire revint peu \u00e0 peu, et j\u2019eus, en quelque mesure, connaissance de mon \u00e9tat. Je sens que je ne sors pas de mon sommeil ordinaire. Je me rappelle que je suis sujet \u00e0 la catalepsie, et maintenant enfin, de l\u2019\u00e9lan de toute une mer, s\u2019abat sur mon esprit fr\u00e9missant l\u2019id\u00e9e du danger effroyable, la vision spectrale et toujours pr\u00e9valente de mon inhumation pr\u00e9matur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s que mon id\u00e9e fixe m\u2019eut ressaisi, je restai quelques minutes sans mouvement. Je ne pouvais me donner le courage de remuer. Je n\u2019osais pas faire l\u2019effort qui devait me renseigner sur ma situation&nbsp;; et, cependant, quelque chose me chuchotait \u00e0 l\u2019oreille que ma peur \u00e9tait juste. Le d\u00e9sespoir, un d\u00e9sespoir comme aucune autre mis\u00e8re n\u2019en inspire, me poussa seul, apr\u00e8s une longue irr\u00e9solution, \u00e0 lever les lourdes paupi\u00e8res de mes yeux. Il faisait sombre, tout \u00e9tait sombre. Je savais que mon acc\u00e8s \u00e9tait termin\u00e9, que ma crise \u00e9tait pass\u00e9e depuis longtemps, que j\u2019avais de nouveau pleinement recouvr\u00e9 l\u2019usage de mes facult\u00e9s visuelles, et cependant, il faisait sombre, tout \u00e9tait sombre&nbsp;; c\u2019\u00e9tait l\u2019absence absolue de lueurs qui r\u00e8gne dans la nuit sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019essayai de crier&nbsp;; mes l\u00e8vres et ma langue dess\u00e9ch\u00e9es se murent convulsivement, mais aucune voix ne sortit de mes poumons oppress\u00e9s qui, comme sous le poids de quelque montagne, se dilataient et palpitaient avec le c\u0153ur, \u00e0 chacune de mes aspirations haletantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement que firent mes m\u00e2choires dans mon effort pour crier, me montra qu\u2019elles \u00e9taient attach\u00e9es comme on le fait aux morts. Je sentis aussi que j\u2019\u00e9tais couch\u00e9 sur une substance dure et que mes c\u00f4t\u00e9s \u00e9taient comprim\u00e9s \u00e9troitement entre des parois rigides. Jusque l\u00e0 je n\u2019avais tent\u00e9 de mouvoir aucun de mes membres. Maintenant je levai violemment mes bras que j\u2019avais trouv\u00e9s \u00e9tendus, les poignets crois\u00e9s. Ils frapp\u00e8rent une paroi solide, ligneuse, qui s\u2019\u00e9tendait au-dessus de mon corps \u00e0 une hauteur de 6 pouces environ. Je ne pouvais plus douter que je ne fusse enferm\u00e9 dans un cercueil.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors au milieu de ma mis\u00e8re infinie, vint doucement l\u2019ange de l\u2019esp\u00e9rance. Je me rappelai mes pr\u00e9cautions. Je me tordis, je fis des efforts spasmodiques pour briser le cercueil. Il ne voulut pas c\u00e9der. Je t\u00e2tai mes mains cherchant la corde de la cloche. Je ne pus la trouver. Et le consolateur s\u2019enfuit \u00e0 jamais&nbsp;; un d\u00e9sespoir plus \u00e2pre encore reprit le dessus. Car je ne pouvais m\u2019emp\u00eacher de m\u2019apercevoir que mon cercueil n\u2019\u00e9tait point capitonn\u00e9 comme celui que j\u2019avais fait pr\u00e9parer avec tant de soin. Soudain, mes narines furent frapp\u00e9es de l\u2019odeur forte et particuli\u00e8re qu\u2019exhale la terre humide. La conclusion s\u2019imposait. Mon mal m\u2019avait surpris hors de chez moi, parmi des \u00e9trangers, \u2014 quand ou comment, je ne pouvais m\u2019en souvenir, \u2014 et c\u2019\u00e9taient eux qui m\u2019avaient enterr\u00e9 vif comme un chien, qui m\u2019avaient clou\u00e9 dans un cercueil commun et jet\u00e9 profond\u00e9ment, \u00e0 tout jamais, dans une fosse ordinaire et sans nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme cette horrible conviction p\u00e9n\u00e9trait tout au fond de mon \u00e2me, je t\u00e2chai encore une fois de crier haut, et, dans cette seconde tentative, je r\u00e9ussis. Un cri long, continu, un hurlement d\u2019agonie, r\u00e9sonna par les royaumes de la nuit souterraine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien, eh bien&nbsp;! H\u00e9&nbsp;! l\u00e0 bas, r\u00e9pondit une voix rude&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Que diable y a-t-il maintenant&nbsp;? dit une seconde voix.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Dites donc, avez-vous fini&nbsp;? dit une troisi\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Voulez-vous bien ne pas hurler ainsi, comme une chatte amoureuse&nbsp;? dit une quatri\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u00e0-dessus, je fus saisi, et rudement secou\u00e9 pendant plusieurs minutes par deux ou trois individus d\u2019apparence grossi\u00e8re. Ils ne me sortirent pas de mon sommeil, car j\u2019\u00e9tais grandement \u00e9veill\u00e9 quand j\u2019avais cri\u00e9, mais ils me rendirent la pleine possession de ma m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon aventure avait eu lieu pr\u00e8s de Richmond en Virginie. Accompagn\u00e9 d\u2019un ami, j\u2019\u00e9tais all\u00e9 \u00e0 la chasse et nous avions suivi pendant quelques milles la rive du James River. La nuit approchait quand nous f\u00fbmes surpris par une temp\u00eate. L\u2019entrepont d\u2019un petit sloop, ancr\u00e9 dans la rivi\u00e8re et charg\u00e9 de terreau, fut le seul abri qui s\u2019offr\u00eet \u00e0 nous. Nous nous y install\u00e2mes de notre mieux et pass\u00e2mes la nuit \u00e0 bord. Je me mis pour dormir dans l\u2019une des deux seules cabines de l\u2019embarcation, et les cabines d\u2019un sloop de 60 \u00e0 70 tonnes, n\u2019ont pas besoin d\u2019\u00eatre d\u00e9crites. Celle que j\u2019occupai ne contenait aucun effet de literie. Sa largeur extr\u00eame \u00e9tait de 18 pouces, et sa hauteur, du sol au pont qui la couvrait, exactement la m\u00eame. Je trouvai assez difficile de m\u2019y fourrer. N\u00e9anmoins je dormis profond\u00e9ment, et mon illusion enti\u00e8re, \u2014 car ce n\u2019\u00e9tait ni un songe ni un cauchemar, \u2014 provint naturellement de la posture o\u00f9 je me retrouvai, de mon courant habituel d\u2019id\u00e9es, de la difficult\u00e9 que j\u2019\u00e9prouvais, comme je l\u2019ai dit, \u00e0 reprendre mes sens et particuli\u00e8rement ma m\u00e9moire, \u00e0 mon r\u00e9veil. Les hommes qui vinrent me secourir, \u00e9taient les ma\u00eetres du sloop et quelques paysans engag\u00e9s pour le d\u00e9charger. L\u2019odeur de terre provenait de la cargaison m\u00eame. Quant au bandage qui enserrait mes m\u00e2choires, c\u2019\u00e9tait un foulard que je m\u2019\u00e9tais attach\u00e9 autour de la t\u00eate \u00e0 d\u00e9faut de mon bonnet de nuit accoutum\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant les tortures que j\u2019avais souffertes \u00e9taient \u00e9gales assur\u00e9ment, sauf pour la dur\u00e9e, \u00e0 celles qu\u2019\u00e9prouverait un homme enterr\u00e9 vif. Elles avaient \u00e9t\u00e9 effroyables, au-del\u00e0 de toute id\u00e9e. Mais le bien sortit du mal. Car l\u2019exc\u00e8s m\u00eame de ces tourments produisit en mon esprit une r\u00e9vulsion in\u00e9vitable. Mon \u00e2me prit du ton, de la fermet\u00e9. J\u2019allai \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, je m\u2019adonnai \u00e0 de rudes exercices. Je portai ma pens\u00e9e sur d\u2019autres sujets que la mort. Je me d\u00e9barrassai de mes livres de m\u00e9decine. Je br\u00fblai Buchan. Je ne lus plus de&nbsp;<em>Pens\u00e9es nocturnes<\/em>, plus de galimatias sur les cimeti\u00e8res, plus de contes de nourrice comme celui que je viens d\u2019\u00e9crire. Bref, je devins un homme nouveau et je v\u00e9cus de la vie de tous. Depuis cette nuit m\u00e9morable, je renvoyai \u00e0 jamais mes appr\u00e9hensions fun\u00e8bres, et avec elles partirent mes acc\u00e8s de catalepsie, qui avaient \u00e9t\u00e9 peut-\u00eatre moins la cause que la cons\u00e9quence de mon tour d\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des moments o\u00f9, m\u00eame aux yeux de la raison froide, notre triste monde peut prendre l\u2019aspect d\u2019un enfer. Mais l\u2019imagination de l\u2019homme n\u2019est pas une Carathis pour explorer impun\u00e9ment tous les ab\u00eemes. Ses terreurs s\u00e9pulcrales, l\u00e9gion redoutable, ne peuvent, h\u00e9las&nbsp;! \u00eatre tenues pour purement fictives. Mais comme les d\u00e9mons avec lesquels Afrasias descendit l\u2019Oxus, il est n\u00e9cessaire que ces effrois dorment ou qu\u2019ils nous d\u00e9vorent, qu\u2019on les laisse sommeiller ou qu\u2019on se r\u00e9signe \u00e0 p\u00e9rir.<\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab L\u2019Inhumation pr\u00e9matur\u00e9e \u00bb (The Premature Burial) est une nouvelle de Edgar Allan Poe, publi\u00e9e le 31 juillet 1844 dans le Dollar Newspaper. D\u2019un style \u00e0 mi-chemin entre la fiction et le r\u00e9cit journalistique, elle raconte l\u2019histoire d\u2019un homme obs\u00e9d\u00e9 par la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre enterr\u00e9 vivant. S\u2019appuyant sur des cas document\u00e9s d\u2019inhumations pr\u00e9matur\u00e9es en divers lieux, le narrateur \u00e9tablit que de tels \u00e9v\u00e9nements surviennent avec une fr\u00e9quence inqui\u00e9tante. Lui-m\u00eame, sujet \u00e0 des crises de catalepsie et accabl\u00e9 par la peur, prend toute une s\u00e9rie de pr\u00e9cautions afin d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00eatre victime d\u2019un destin aussi horrifiant.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":18763,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","footnotes":""},"categories":[826],"tags":[845,837,855,834],"class_list":["post-18770","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles","tag-edgar-allan-poe-fr","tag-etats-unis","tag-fantastique","tag-horreur","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":826,"label":"Nouvelles"}],"post_tag":[{"value":845,"label":"Edgar Allan Poe"},{"value":837,"label":"\u00c9tats-Unis"},{"value":855,"label":"Fantastique"},{"value":834,"label":"Horreur"}]},"featured_image_src_large":["https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Edgar-Allan-Poe-El-entierro-prematuro.webp",1024,1024,false],"author_info":{"display_name":"Juan Pablo Guevara","author_link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/author\/spartakku\/"},"comment_info":"","category_info":[{"term_id":826,"name":"Nouvelles","slug":"nouvelles","term_group":0,"term_taxonomy_id":826,"taxonomy":"category","description":"","parent":0,"count":72,"filter":"raw","cat_ID":826,"category_count":72,"category_description":"","cat_name":"Nouvelles","category_nicename":"nouvelles","category_parent":0}],"tag_info":[{"term_id":845,"name":"Edgar Allan Poe","slug":"edgar-allan-poe-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":845,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":8,"filter":"raw"},{"term_id":837,"name":"\u00c9tats-Unis","slug":"etats-unis","term_group":0,"term_taxonomy_id":837,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":51,"filter":"raw"},{"term_id":855,"name":"Fantastique","slug":"fantastique","term_group":0,"term_taxonomy_id":855,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":20,"filter":"raw"},{"term_id":834,"name":"Horreur","slug":"horreur","term_group":0,"term_taxonomy_id":834,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":22,"filter":"raw"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18770","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18770"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18770\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18763"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18770"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18770"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18770"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}