{"id":19791,"date":"2025-02-17T21:03:45","date_gmt":"2025-02-18T01:03:45","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=19791"},"modified":"2025-02-17T21:03:48","modified_gmt":"2025-02-18T01:03:48","slug":"gabriel-garcia-marquez-la-sieste-du-mardi-resume-et-analyse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/resumes-de-nouvelles\/gabriel-garcia-marquez-la-sieste-du-mardi-resume-et-analyse\/19791\/","title":{"rendered":"Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez : La sieste du mardi. R\u00e9sum\u00e9 et analyse"},"content":{"rendered":"\n<p>Synopsis :<em> La sieste du mardi<\/em>, conte de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez publi\u00e9 en 1962 dans le recueil <em>Los funerales de la Mam\u00e1 Grande<\/em>, raconte le voyage d&rsquo;une m\u00e8re et de sa fille dans une petite ville sous une chaleur intense. V\u00eatues de noir et d&rsquo;une attitude sereine, elles cherchent le pr\u00eatre pour lui demander les cl\u00e9s du cimeti\u00e8re. Dans une ambiance marqu\u00e9e par la torpeur de la sieste, l&rsquo;histoire montre comment les deux femmes affrontent avec dignit\u00e9 le poids des pr\u00e9jug\u00e9s sociaux.<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-cb3ec157\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Gabriel-Garcia-Marquez-La-siesta-del-martes.-Resumen-y-analisis-.webp\" alt=\"Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez : La sieste du mardi. 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Ils ne se substituent en aucun cas \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience de la lecture int\u00e9grale de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p><\/div><\/span><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9 de La sieste du mardi de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez.<\/h2>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit raconte le voyage d&rsquo;une femme et de sa fille de douze ans vers un village \u00e9touffant et silencieux, \u00e0 la recherche de la tombe de Carlos Centeno, son fils, un homme accus\u00e9 de vol et assassin\u00e9 par une veuve alors qu&rsquo;il tentait de p\u00e9n\u00e9trer dans sa maison. L&rsquo;histoire se d\u00e9roule un mardi chaud et somnolent, alors que tout le village fait la sieste.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire commence avec la m\u00e8re et la petite fille voyageant dans un train de troisi\u00e8me classe. Toutes deux sont en deuil et portent un sac de nourriture et un bouquet de fleurs envelopp\u00e9 dans du papier journal. La chaleur devient \u00e9touffante alors qu&rsquo;elles traversent des plantations de bananes et de petits villages. La petite fille, qui n&rsquo;avait jamais voyag\u00e9 auparavant, ob\u00e9it aveugl\u00e9ment \u00e0 sa m\u00e8re, qui lui dit avec calme et fermet\u00e9 de se coiffer et de mettre ses chaussures lorsqu&rsquo;elles approcheront de leur destination.<\/p>\n\n\n\n<p>En arrivant au village, elles voient que les rues sont d\u00e9sertes car c&rsquo;est l&rsquo;heure de la sieste. Elles se dirigent directement vers la maison paroissiale, o\u00f9 elles sont accueillies par la s\u0153ur du pr\u00eatre. La femme insiste pour parler au pr\u00eatre, m\u00eame s&rsquo;il dort. Sa d\u00e9termination fait que le pr\u00eatre finit par les recevoir. La m\u00e8re lui explique qu&rsquo;elle a besoin des cl\u00e9s du cimeti\u00e8re pour se rendre sur la tombe de son fils, Carlos Centeno. Le pr\u00eatre, surpris, met du temps \u00e0 reconna\u00eetre le nom, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la femme lui explique qu&rsquo;il s&rsquo;agit du voleur qui avait \u00e9t\u00e9 abattu la semaine pr\u00e9c\u00e9dente. Avec une attitude ferme et calme, elle lui explique que Carlos \u00e9tait un homme bon qui avait l&rsquo;habitude de boxer pour gagner sa vie, mais qu&rsquo;il avait abandonn\u00e9 ce m\u00e9tier parce que les coups le laissaient alit\u00e9 pendant des jours. Selon elle, il ne volait que ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas indispensable \u00e0 sa subsistance et n&rsquo;a jamais pris quoi que ce soit qui puisse signifier la faim pour quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00eatre, mal \u00e0 l&rsquo;aise, lui remet les cl\u00e9s du cimeti\u00e8re et lui demande de signer le registre paroissial. Avant de partir, le pr\u00eatre essaie de les convaincre d&rsquo;attendre le coucher du soleil pour \u00e9viter les insolations, mais elle refuse.<\/p>\n\n\n\n<p>En ouvrant la porte de la rue, le pr\u00eatre se rend compte que la nouvelle de leur visite s&rsquo;est r\u00e9pandue et que les gens les observent depuis les fen\u00eatres et l&rsquo;ombre des amandiers. La s\u0153ur du pr\u00eatre sugg\u00e8re qu&rsquo;elles sortent par la cour arri\u00e8re, mais la m\u00e8re rejette l&rsquo;id\u00e9e. Avec d\u00e9termination, elle prend la main de l&rsquo;enfant et s&rsquo;avance dans la rue sous le regard silencieux des habitants du village, r\u00e9affirmant sa dignit\u00e9 malgr\u00e9 le stigmate social qui p\u00e8se sur elles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le conte laisse une impression profonde en montrant la force d&rsquo;une m\u00e8re qui, malgr\u00e9 la chaleur, la pauvret\u00e9 et le jugement des autres, conserve sa dignit\u00e9 et son amour in\u00e9branlable pour son fils.<\/p>\n\n\n<style>.wp-block-kadence-column.kb-section-dir-horizontal > .kt-inside-inner-col > .kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap{max-width:unset;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap{border-top:2px solid var(--base);border-right:2px solid var(--base);border-bottom:2px solid var(--base);border-left:2px solid var(--base);border-top-left-radius:10px;border-top-right-radius:10px;border-bottom-right-radius:10px;border-bottom-left-radius:10px;background:#bc7b77;padding-top:var(--global-kb-spacing-xs, 1rem);padding-right:var(--global-kb-spacing-xs, 1rem);padding-bottom:var(--global-kb-spacing-xs, 1rem);padding-left:var(--global-kb-spacing-xs, 1rem);margin-top:var(--global-kb-spacing-sm, 1.5rem);margin-bottom:var(--global-kb-spacing-sm, 1.5rem);}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kadence-info-box-icon-container .kt-info-svg-icon, .kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-info-svg-icon-flip, .kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-number{font-size:50px;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-media{background:var(--global-palette7, #eeeeee);border-color:var(--global-palette7, #eeeeee);border-radius:200px;overflow:hidden;border-top-width:0px;border-right-width:0px;border-bottom-width:0px;border-left-width:0px;padding-top:2px;padding-right:2px;padding-bottom:2px;padding-left:2px;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-media-container{margin-top:0px;margin-right:15px;margin-bottom:10px;margin-left:15px;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-media .kadence-info-box-image-intrisic img{border-radius:200px;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-infobox-textcontent h2.kt-blocks-info-box-title{color:#dbc7c9;font-size:20px;padding-top:0px;padding-right:0px;padding-bottom:0px;padding-left:0px;margin-top:5px;margin-right:0px;margin-bottom:10px;margin-left:0px;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-infobox-textcontent .kt-blocks-info-box-text{color:var(--base-3);}.wp-block-kadence-infobox.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-text{font-size:16px;font-style:normal;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-learnmore{color:var(--base-3);background:#cd9b9d;border-radius:10px;font-size:var(--global-kb-font-size-sm, 0.9rem);text-transform:uppercase;border-width:0px 0px 0px 0px;padding-top:4px;padding-right:20px;padding-bottom:4px;padding-left:20px;margin-top:10px;margin-right:0px;margin-bottom:10px;margin-left:0px;}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap{box-shadow:0px 0px 0px 0px rgba(0, 0, 0, 0);}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap:hover{box-shadow:0px 0px 14px 0px rgba(0, 0, 0, 0.2);}@media all and (max-width: 1024px){.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap{border-top:2px solid var(--base);border-right:2px solid var(--base);border-bottom:2px solid var(--base);border-left:2px solid var(--base);box-shadow:0px 0px 0px 0px rgba(0, 0, 0, 0);}}@media all and (max-width: 1024px){.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap:hover{box-shadow:0px 0px 14px 0px rgba(0, 0, 0, 0.2);}}@media all and (max-width: 767px){.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap{border-top:2px solid var(--base);border-right:2px solid var(--base);border-bottom:2px solid var(--base);border-left:2px solid var(--base);box-shadow:0px 0px 0px 0px rgba(0, 0, 0, 0);}.kt-info-box18849_58c2b8-d5 .kt-blocks-info-box-link-wrap:hover{box-shadow:0px 0px 14px 0px rgba(0, 0, 0, 0.2);}}<\/style>\n<div class=\"wp-block-kadence-infobox kt-info-box18849_58c2b8-d5\"><a class=\"kt-blocks-info-box-link-wrap info-box-link kt-blocks-info-box-media-align-top kt-info-halign-center\" href=\"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/gabriel-garcia-marquez-la-sieste-du-mardi\/19760\/\"><div class=\"kt-infobox-textcontent\"><h2 class=\"kt-blocks-info-box-title\">Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez: La sieste du mardi<\/h2><p class=\"kt-blocks-info-box-text\">Nouvelle compl\u00e8te<\/p><div class=\"kt-blocks-info-box-learnmore-wrap\"><span class=\"kt-blocks-info-box-learnmore\">LIRE<\/span><\/div><\/div><\/a><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Personnages de La sieste du mardi de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez.<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>La m\u00e8re<\/strong> est le personnage central du r\u00e9cit. Elle se pr\u00e9sente \u00e0 nous comme une femme pauvre, v\u00eatue d&rsquo;un strict deuil, avec un port serein et une dignit\u00e9 in\u00e9branlable. Sa pr\u00e9sence impose le respect, non pas par son apparence, mais par son attitude ferme, sa d\u00e9termination et le contr\u00f4le absolu qu&rsquo;elle a sur ses \u00e9motions. Il est \u00e9vident qu&rsquo;elle a appris \u00e0 \u00e9voluer dans un monde hostile sans s&rsquo;excuser de sa situation. Elle ne cherche ni la compassion ni la charit\u00e9, seulement le droit de se recueillir sur la tombe de son fils. Sa fa\u00e7on de parler, sans d\u00e9tours ni h\u00e9sitations, t\u00e9moigne de sa force. Malgr\u00e9 le stigmate qui p\u00e8se sur Carlos Centeno, elle d\u00e9fend sa m\u00e9moire avec un calme in\u00e9branlable et affirme que son fils n&rsquo;\u00e9tait pas une mauvaise personne, mais une victime de son destin. Elle n&rsquo;a pas honte et ne s&rsquo;incline ni devant le pr\u00eatre ni devant le peuple, qui l&rsquo;observe avec curiosit\u00e9 et pr\u00e9jug\u00e9s. Sa d\u00e9termination se refl\u00e8te dans son refus d&rsquo;attendre le cr\u00e9puscule pour \u00e9viter les coups de soleil et dans son indiff\u00e9rence face aux regards inquisiteurs des habitants du village.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La fillette<\/strong>, \u00e2g\u00e9e de douze ans, incarne l&rsquo;innocence et l&rsquo;ob\u00e9issance. C&rsquo;est son premier voyage et, bien qu&rsquo;elle ne comprenne pas compl\u00e8tement la tension du moment, elle suit les instructions de sa m\u00e8re sans les remettre en question. Son attitude refl\u00e8te le respect et la discipline, mais aussi une certaine vuln\u00e9rabilit\u00e9 enfantine, comme lorsqu&rsquo;elle joue avec ses chaussures ou essaie de regarder dans la rue sans comprendre tout \u00e0 fait l&rsquo;hostilit\u00e9 qui l&rsquo;entoure. Malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge, elle montre \u00e9galement la force qu&rsquo;elle a h\u00e9rit\u00e9e de sa m\u00e8re : elle ne pleure pas et ne se plaint pas, malgr\u00e9 la chaleur et la tension du moment. Sa pr\u00e9sence renforce le caract\u00e8re humain de l&rsquo;histoire et montre comment la mort de Carlos Centeno affecte sa famille \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le pr\u00eatre<\/strong> incarne l&rsquo;hypocrisie et l&rsquo;indiff\u00e9rence institutionnelle. Son attitude initiale d\u00e9note de l&rsquo;agacement et de la condescendance : il refuse d&rsquo;interrompre sa sieste et sugg\u00e8re aux femmes de revenir plus tard. Lorsqu&rsquo;il d\u00e9couvre qu&rsquo;elles cherchent la tombe d&rsquo;un voleur, son malaise s&rsquo;accro\u00eet. La sc\u00e8ne o\u00f9 il transpire en \u00e9coutant l&rsquo;histoire de la m\u00e8re r\u00e9v\u00e8le son conflit int\u00e9rieur : il est tiraill\u00e9 entre la bureaucratie religieuse et la r\u00e9alit\u00e9 humaine de ceux qui souffrent. Malgr\u00e9 sa tentative de garder son sang-froid, sa rougeur et ses h\u00e9sitations r\u00e9v\u00e8lent qu&rsquo;au fond de lui, il ressent de la honte ou, du moins, de l&rsquo;inconfort. Sa r\u00e9action finale, lorsqu&rsquo;il essaie de les persuader d&rsquo;attendre le coucher du soleil et qu&rsquo;il leur offre un parasol par l&rsquo;interm\u00e9diaire de sa s\u0153ur, laisse entrevoir un soup\u00e7on de compassion, bien qu&rsquo;elle arrive trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La s\u0153ur du pr\u00eatre<\/strong> est un personnage secondaire, mais significatif. C&rsquo;est elle qui ouvre la porte et essaie de g\u00e9rer la situation avec discr\u00e9tion. Son ton et ses gestes d\u00e9notent une certaine gentillesse, mais aussi une attitude pratique et distante. Lorsqu&rsquo;elle sugg\u00e8re que les femmes sortent par la porte de derri\u00e8re pour \u00e9viter le regard des villageois, elle ne le fait pas par cruaut\u00e9, mais par souci d&rsquo;autoprotection et de maintien de l&rsquo;ordre social. Elle n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement hostile, mais ne remet pas non plus en question la situation d&rsquo;injustice que vivent la m\u00e8re et la fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, un personnage absent mais omnipr\u00e9sent est <strong>Carlos Centeno<\/strong>. Bien qu&rsquo;il n&rsquo;apparaisse jamais dans l&rsquo;histoire, sa figure est le pivot du r\u00e9cit. \u00c0 travers le r\u00e9cit de sa m\u00e8re, nous d\u00e9couvrons qu&rsquo;il \u00e9tait un homme qui a tent\u00e9 de gagner sa vie en tant que boxeur, mais qui, face aux difficult\u00e9s, s&rsquo;est tourn\u00e9 vers le vol avec certaines r\u00e8gles \u00e9thiques impos\u00e9es par sa m\u00e8re : ne prendre \u00e0 personne ce dont il avait besoin pour manger. Sa mort tragique, avec la derni\u00e8re phrase \u00ab Ay, ma m\u00e8re \u00bb, l&rsquo;humanise et l&rsquo;\u00e9loigne du st\u00e9r\u00e9otype de criminel que le peuple veut lui imposer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Analyse de La sieste du mardi de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez.<\/h2>\n\n\n\n<p><em>La sieste du mardi<\/em> est une histoire qui cache un puissant portrait de la dignit\u00e9 face \u00e0 l&rsquo;adversit\u00e9 et une touche de critique sociale entrelac\u00e9e dans un r\u00e9cit apparemment simple. \u00c0 travers le voyage d&rsquo;une m\u00e8re et de sa fille pour se rendre sur la tombe d&rsquo;un fils accus\u00e9 de vol, Garc\u00eda M\u00e1rquez pose des questions sur la pauvret\u00e9, les pr\u00e9jug\u00e9s et la force de ceux que la soci\u00e9t\u00e9 a marginalis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des aspects les plus frappants de l&rsquo;histoire est son ton sobre et mesur\u00e9. L&rsquo;histoire est racont\u00e9e de mani\u00e8re objective, sans sentimentalisme ni fioritures inutiles. Il n&rsquo;y a pas de grands moments de drame ni d&rsquo;\u00e9motions fortes ; au contraire, on per\u00e7oit une tension subtile dans chaque geste et dans chaque dialogue bref mais significatif. La m\u00e8re ne supplie pas, ne se justifie pas et ne pleure pas. Elle garde une attitude ferme m\u00eame lorsque le pr\u00eatre lui demande si elle a essay\u00e9 de \u00ab remettre son fils sur le droit chemin \u00bb. Sa r\u00e9ponse, \u00ab c&rsquo;\u00e9tait un homme tr\u00e8s bon \u00bb, contient une v\u00e9rit\u00e9 que les gens ne veulent pas entendre : la bont\u00e9 n&rsquo;est pas toujours du c\u00f4t\u00e9 de ceux qui ont le pouvoir ou respectent les r\u00e8gles \u00e9tablies.<\/p>\n\n\n\n<p>La critique sociale est explicite. La pauvret\u00e9 n&rsquo;est pas seulement pr\u00e9sent\u00e9e comme une condition \u00e9conomique, mais aussi comme une barri\u00e8re qui condamne certaines personnes \u00e0 la m\u00e9pris et \u00e0 l&rsquo;oubli. Carlos Centeno, qui a box\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les coups le terrassent, a fini par voler pour survivre, mais selon un code \u00e9thique impos\u00e9 par sa m\u00e8re : ne jamais prendre \u00e0 quelqu&rsquo;un ce dont il a besoin pour survivre. Cependant, la soci\u00e9t\u00e9 ne tient pas compte de ces circonstances. Pour la soci\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;est qu&rsquo;un voleur qui m\u00e9rite de mourir. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, sa m\u00e8re le voit comme un fils qui a fait ce qu&rsquo;il a pu avec ce qu&rsquo;il avait. Cette diff\u00e9rence de perspective rend l&rsquo;histoire si \u00e9mouvante : elle nous oblige \u00e0 nous interroger sur ce qu&rsquo;est la justice et sur qui d\u00e9cide quels vies sont plus pr\u00e9cieuses que d&rsquo;autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor et l&rsquo;atmosph\u00e8re jouent un r\u00f4le fondamental. La sc\u00e8ne se d\u00e9roule dans un petit village \u00e9touff\u00e9 par la chaleur de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, o\u00f9 tout semble fig\u00e9 dans la l\u00e9thargie. Cet environnement renforce le sentiment d&rsquo;isolement et d&rsquo;indiff\u00e9rence. La chaleur oppressante est \u00e0 la fois physique et symbolique, et repr\u00e9sente le poids de l&rsquo;exclusion sociale et du jugement silencieux qui p\u00e8se sur la m\u00e8re et la fille. En arrivant au village, elles ne trouvent ni hospitalit\u00e9 ni empathie, seulement des portes ferm\u00e9es et des regards m\u00e9fiants. M\u00eame le pr\u00eatre, qui devrait faire preuve de compassion et de soutien spirituel, agit avec r\u00e9ticence et pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin de l&rsquo;histoire est l&rsquo;un des moments les plus significatifs. Lorsque la m\u00e8re et la fille sortent dans la rue et font face aux regards des villageois, elles ne baissent pas la t\u00eate ni ne cherchent \u00e0 se prot\u00e9ger. La m\u00e8re refuse le parasol qu&rsquo;on lui offre, non par orgueil, mais parce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas pr\u00eate \u00e0 se cacher. Sa dignit\u00e9 reste intacte malgr\u00e9 la pauvret\u00e9 et les jugements des autres. Cet acte est une d\u00e9claration silencieuse mais percutante : ils n&rsquo;ont pas \u00e0 avoir honte. Ils choisissent la dignit\u00e9 plut\u00f4t que l&rsquo;humiliation dans une soci\u00e9t\u00e9 qui condamne rapidement sans comprendre les circonstances.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La sieste du mardi<\/em> est une histoire qui parle d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 et d&rsquo;hypocrisie, mais surtout de la dignit\u00e9 in\u00e9branlable de ceux qui ont appris \u00e0 survivre dans un monde qui les m\u00e9prise. Garc\u00eda M\u00e1rquez nous montre que, m\u00eame dans l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9, il est possible de conserver sa force et son int\u00e9grit\u00e9. La m\u00e8re de Carlos Centeno ne demande ni compassion ni pardon. Elle exige seulement ce qui lui revient : le droit de dire au revoir \u00e0 son fils sans avoir honte.<\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Synopsis : La sieste du mardi, conte de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez publi\u00e9 en 1962 dans le recueil Los funerales de la Mam\u00e1 Grande, raconte le voyage d&rsquo;une m\u00e8re et de sa fille dans une petite ville sous une chaleur intense. V\u00eatues de noir et d&rsquo;une attitude sereine, elles cherchent le pr\u00eatre pour lui demander les &#8230; <a title=\"Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez : La sieste du mardi. R\u00e9sum\u00e9 et analyse\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/lecturia.org\/fr\/resumes-de-nouvelles\/gabriel-garcia-marquez-la-sieste-du-mardi-resume-et-analyse\/19791\/\" aria-label=\"En savoir plus sur Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez : La sieste du mardi. 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