{"id":20816,"date":"2025-03-15T21:45:01","date_gmt":"2025-03-16T01:45:01","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=20816"},"modified":"2025-03-15T21:45:03","modified_gmt":"2025-03-16T01:45:03","slug":"guy-de-maupassant-nuit-de-noel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/guy-de-maupassant-nuit-de-noel\/20816\/","title":{"rendered":"Guy de Maupassant : Nuit de No\u00ebl"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Synopsis<\/strong> : \u00ab <em>Nuit de No\u00ebl<\/em> \u00bb, publi\u00e9 dans <em>Gil Blas<\/em> le 26 d\u00e9cembre 1886, est un r\u00e9cit de No\u00ebl ing\u00e9nieux et mordant de Guy de Maupassant. Henri Templier, un \u00e9crivain solitaire, partage avec ses amis l&rsquo;histoire particuli\u00e8re qui l&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9tester No\u00ebl. Une nuit, incapable de se concentrer \u00e0 cause de l&rsquo;agitation festive, il d\u00e9cide de quitter son travail et de chercher de la compagnie pour un d\u00eener improvis\u00e9 dans son appartement. En d\u00e9ambulant dans les rues, il rencontre une jeune femme charmante et robuste qui accepte son invitation. Cependant, ce qui avait commenc\u00e9 comme une escapade joyeuse se transforme en une situation chaotique avec des visites inattendues et une urgence sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-c209c42a\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Guy-de-Maupassant-Nochebuena.webp\" alt=\"Guy de Maupassant - Nochebuena\" class=\"wp-image-20817\" srcset=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Guy-de-Maupassant-Nochebuena.webp 1024w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Guy-de-Maupassant-Nochebuena-300x300.webp 300w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Guy-de-Maupassant-Nochebuena-150x150.webp 150w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Guy-de-Maupassant-Nochebuena-768x768.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Nuit de No\u00ebl<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Guy de Maupassant<br>(Nouvelle compl\u00e8te)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le R\u00e9veillon&nbsp;! Le R\u00e9veillon&nbsp;! Ah&nbsp;! Mais non, je ne r\u00e9veillonnerai pas&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le gros Henri Templier disait cela d\u2019une voix furieuse, comme si on lui e\u00fbt propos\u00e9 une infamie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres, riant, s\u2019\u00e9cri\u00e8rent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pourquoi te mets-tu en col\u00e8re&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Parce que le r\u00e9veillon m\u2019a jou\u00e9 le plus sale tour du monde, et que j\u2019ai gard\u00e9 une insurmontable horreur pour cette nuit stupide de gaiet\u00e9 imb\u00e9cile.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Quoi donc&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Quoi&nbsp;? Vous voulez le savoir&nbsp;? Eh bien, \u00e9coutez&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Vous vous rappelez comme il faisait froid, voici deux ans, \u00e0 cette \u00e9poque&nbsp;; un froid \u00e0 tuer les pauvres dans la rue. La Seine gelait, les trottoirs gla\u00e7aient les pieds \u00e0 travers les semelles des bottines&nbsp;; le monde semblait sur le point de crever.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais alors un gros travail en train et je refusai toute invitation pour le r\u00e9veillon, pr\u00e9f\u00e9rant passer la nuit devant une table. Je d\u00eenai seul&nbsp;; puis je me mis \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Mais voil\u00e0 que, vers dix heures, la pens\u00e9e de la gaiet\u00e9 courant Paris, le bruit des rues qui me parvenait malgr\u00e9 tout, les pr\u00e9paratifs de souper de mes voisins, entendus \u00e0 travers les cloisons, m\u2019agit\u00e8rent. Je ne savais plus ce que je faisais&nbsp;; j\u2019\u00e9crivais des b\u00eatises&nbsp;; et je compris qu\u2019il fallait renoncer \u00e0 l\u2019espoir de produire quelque chose de bon cette nuit-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Je marchai un peu \u00e0 travers ma chambre. Je m\u2019assis, je me relevai. Je subissais, certes, la myst\u00e9rieuse influence de la joie du dehors, et je me r\u00e9signai.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sonnai ma bonne et je lui dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ang\u00e8le, allez m\u2019acheter de quoi souper \u00e0 deux&nbsp;: des hu\u00eetres, un perdreau froid, des \u00e9crevisses, du jambon, des g\u00e2teaux. Montez-moi deux bouteilles de champagne&nbsp;: mettez le couvert et couchez-vous.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ob\u00e9it, un peu surprise. Quand tout fut pr\u00eat, j\u2019endossai mon pardessus, et je sortis.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grosse question restait \u00e0 r\u00e9soudre&nbsp;: Avec qui allais-je r\u00e9veillonner&nbsp;? Mes amies \u00e9taient invit\u00e9es partout. Pour en avoir une, il aurait fallu m\u2019y prendre d\u2019avance. Alors, je songeai \u00e0 faire en m\u00eame temps une bonne action. Je me dis&nbsp;: Paris est plein de pauvres et belles filles qui n\u2019ont pas un souper sur la planche, et qui errent en qu\u00eate d\u2019un gar\u00e7on g\u00e9n\u00e9reux. Je veux \u00eatre la Providence de No\u00ebl d\u2019une de ces d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais r\u00f4der, entrer dans les lieux de plaisir, questionner, chasser, choisir \u00e0 mon gr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et je me mis \u00e0 parcourir la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, je rencontrai beaucoup de pauvres filles cherchant aventure, mais elles \u00e9taient laides \u00e0 donner une indigestion, ou maigres \u00e0 geler sur pied si elles s\u2019\u00e9taient arr\u00eat\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai un faible, vous le savez, j\u2019aime les femmes nourries. Plus elles sont en chair, plus je les pr\u00e9f\u00e8re. Une colosse me fait perdre la raison.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, en face du th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s, j\u2019aper\u00e7us un profil \u00e0 mon gr\u00e9. Une t\u00eate, puis, par-devant, deux bosses, celle de la poitrine, fort belle, celle du dessous surprenante&nbsp;: un ventre d\u2019oie grasse. J\u2019en frissonnai, murmurant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sacristi, la belle fille&nbsp;!&nbsp;\u00bb Un point me restait \u00e0 \u00e9claircir&nbsp;: le visage.<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage, c\u2019est le dessert&nbsp;; le reste c\u2019est\u2026 c\u2019est le r\u00f4ti.<\/p>\n\n\n\n<p>Je h\u00e2tai le pas, je rejoignis cette femme errante, et, sous un bec de gaz, je me retournai brusquement. Elle \u00e9tait charmante, toute jeune, brune, avec de grands yeux noirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Je fis ma proposition qu\u2019elle accepta sans h\u00e9sitation.<\/p>\n\n\n\n<p>Un quart d\u2019heure plus tard, nous \u00e9tions attabl\u00e9s dans mon appartement.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle dit en entrant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! On est bien ici.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et elle regarda autour d\u2019elle avec la satisfaction visible d\u2019avoir trouv\u00e9 la table et le g\u00eete en cette nuit glaciale. Elle \u00e9tait superbe, tellement jolie qu\u2019elle m\u2019\u00e9tonnait, et grosse \u00e0 ravir mon c\u0153ur pour toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00f4ta son manteau, son chapeau, s\u2019assit et se mit \u00e0 manger&nbsp;; mais elle ne paraissait pas en train, et parfois sa figure un peu p\u00e2le tressaillait comme si elle e\u00fbt souffert d\u2019un chagrin cach\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lui demandai&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu as des emb\u00eatements&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bah&nbsp;! Oublions tout.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et elle se mit \u00e0 boire. Elle vidait d\u2019un trait son verre de champagne, le remplissait et le revidait encore, sans cesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t un peu de rougeur lui vint aux joues&nbsp;; et elle commen\u00e7a \u00e0 rire.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi, je l\u2019adorais d\u00e9j\u00e0, l\u2019embrassant \u00e0 pleine bouche, d\u00e9couvrant qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait ni b\u00eate, ni commune, ni grossi\u00e8re comme les filles du trottoir. Je lui demandai des d\u00e9tails sur sa vie. Elle r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon petit, cela ne te regarde pas&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9las&nbsp;! Une heure plus tard\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le moment vint de se mettre au lit, et, pendant que j\u2019enlevais la table dress\u00e9e devant le feu, elle se d\u00e9shabilla h\u00e2tivement et se glissa sous les couvertures.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes voisins faisaient un vacarme affreux, riant et chantant comme des fous&nbsp;; et je me disais&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai eu rudement raison d\u2019aller chercher cette belle fille&nbsp;; je n\u2019aurai jamais pu travailler.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un profond g\u00e9missement me fit retourner. Je demandai&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019as-tu, ma chatte&nbsp;?&nbsp;\u00bb Elle ne r\u00e9pondit pas, mais elle continuait \u00e0 pousser des soupirs douloureux, comme si elle e\u00fbt souffert horriblement.<\/p>\n\n\n\n<p>Je repris&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est-ce que tu te trouves indispos\u00e9e&nbsp;?&nbsp;\u00bb Et soudain elle jeta un cri, un cri d\u00e9chirant. Je me pr\u00e9cipitai, une bougie \u00e0 la main.<\/p>\n\n\n\n<p>Son visage \u00e9tait d\u00e9compos\u00e9 par la douleur, et elle se tordait les mains, haletante, envoyant du fond de sa gorge ces sortes de g\u00e9missements sourds qui semblent des r\u00e2les et qui font d\u00e9faillir le c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je demandai, \u00e9perdu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais qu\u2019as-tu&nbsp;? Dis-moi, qu\u2019as-tu&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne r\u00e9pondit pas et se mit \u00e0 hurler.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e0 coup les voisins se turent, \u00e9coutant ce qui se passait chez moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00e9p\u00e9tais&nbsp;: \u00ab&nbsp;O\u00f9 souffres-tu, dis-moi, o\u00f9 souffres-tu&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle balbutia&nbsp;: \u00ab&nbsp;Oh&nbsp;! Mon ventre&nbsp;! Mon ventre&nbsp;!&nbsp;\u00bb D\u2019un seul coup je relevai la couverture, et j\u2019aper\u00e7us\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Elle accouchait, mes amis.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors je perdis la t\u00eate&nbsp;; je me pr\u00e9cipitai sur le mur que je heurtai \u00e0 coups de poing, de toute ma force, en vocif\u00e9rant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Au secours, au secours&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ma porte s\u2019ouvrit&nbsp;; une foule se pr\u00e9cipita chez moi, des hommes en habit, des femmes d\u00e9collet\u00e9es, des Pierrots, des Turcs, des Mousquetaires. Cette invasion m\u2019affola tellement que je ne pouvais m\u00eame plus m\u2019expliquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Eux, ils avaient cru \u00e0 quelque accident, \u00e0 un crime peut-\u00eatre, et ne comprenait plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dis enfin&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est\u2026 c\u2019est\u2026 cette\u2026 cette femme qui\u2026 qui accouche.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Alors tout le monde l\u2019examina, dit son avis. Un capucin surtout pr\u00e9tendait s\u2019y conna\u00eetre, et voulait aider la nature.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils \u00e9taient gris comme des \u00e2nes. Je crus qu\u2019ils allaient la tuer&nbsp;; et je me pr\u00e9cipitai, nu-t\u00eate, dans l\u2019escalier, pour chercher un vieux m\u00e9decin qui habitait dans une rue voisine.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je revins avec le docteur, toute ma maison \u00e9tait debout&nbsp;; on avait rallum\u00e9 le gaz de l\u2019escalier&nbsp;; les habitants de tous les \u00e9tages occupaient mon appartement&nbsp;; quatre d\u00e9bardeurs attabl\u00e9s achevaient mon champagne et mes \u00e9crevisses.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ma vue, un cri formidable \u00e9clata, et une laiti\u00e8re me pr\u00e9senta dans une serviette un affreux petit morceau de chair rid\u00e9e, pliss\u00e9e, geignante, miaulant comme un chat&nbsp;; et elle me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est une fille.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9decin examina l\u2019accouch\u00e9e, d\u00e9clara douteux son \u00e9tat, l\u2019accident ayant eu lieu imm\u00e9diatement apr\u00e8s un souper, et il partit en annon\u00e7ant qu\u2019il allait m\u2019envoyer imm\u00e9diatement une garde-malade et une nourrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux femmes arriv\u00e8rent une heure apr\u00e8s, apportant un paquet de m\u00e9dicaments.<\/p>\n\n\n\n<p>Je passai la nuit dans un fauteuil, trop \u00e9perdu pour r\u00e9fl\u00e9chir aux suites.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le matin, le m\u00e9decin revint. Il trouva la malade assez mal.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Votre femme, Monsieur\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019interrompis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas ma femme.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il reprit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Votre ma\u00eetresse, peu m\u2019importe.&nbsp;\u00bb Et il \u00e9num\u00e9ra les soins qu\u2019il lui fallait, le r\u00e9gime, les rem\u00e8des.<\/p>\n\n\n\n<p>Que faire&nbsp;? Envoyer cette malheureuse \u00e0 l\u2019h\u00f4pital&nbsp;? J\u2019aurais pass\u00e9 pour un manant dans toute la maison, dans tout le quartier.<\/p>\n\n\n\n<p>Je la gardai. Elle resta dans mon lit six semaines.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant&nbsp;? Je l\u2019envoyai chez des paysans de Poissy. Il me co\u00fbte encore cinquante francs par mois. Ayant pay\u00e9 dans le d\u00e9but, me voici forc\u00e9 de payer jusqu\u2019\u00e0 ma mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, plus tard, il me croira son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, pour comble de malheur, quand la fille a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie\u2026 elle m\u2019aimait\u2026 elle m\u2019aimait \u00e9perdument, la gueuse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Eh bien&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Eh bien, elle \u00e9tait devenue maigre comme un chat de goutti\u00e8res&nbsp;; et j\u2019ai flanqu\u00e9 dehors cette carcasse qui me guette dans la rue, se cache pour me voir passer, m\u2019arr\u00eate le soir quand je sors, pour me baiser la main, m\u2019emb\u00eate enfin \u00e0 me rendre fou.<\/p>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0 pourquoi je ne r\u00e9veillonnerai plus jamais.<\/p>\n\n\n\n<p><em>26 d\u00e9cembre 1882<\/em><\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Nuit de No\u00ebl \u00bb, publi\u00e9 dans Gil Blas le 26 d\u00e9cembre 1886, est un r\u00e9cit de No\u00ebl ing\u00e9nieux et mordant de Guy de Maupassant. Henri Templier, un \u00e9crivain solitaire, partage avec ses amis l&rsquo;histoire particuli\u00e8re qui l&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9tester No\u00ebl. Une nuit, incapable de se concentrer \u00e0 cause de l&rsquo;agitation festive, il d\u00e9cide de quitter son travail et de chercher de la compagnie pour un d\u00eener improvis\u00e9 dans son appartement. En d\u00e9ambulant dans les rues, il rencontre une jeune femme charmante et robuste qui accepte son invitation. Cependant, ce qui avait commenc\u00e9 comme une escapade joyeuse se transforme en une situation chaotique avec des visites inattendues et une urgence sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":20817,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","footnotes":""},"categories":[826],"tags":[838,844,843],"class_list":["post-20816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles","tag-14-fr","tag-france-fr","tag-guy-de-maupassant-fr","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":826,"label":"Nouvelles"}],"post_tag":[{"value":838,"label":"+14"},{"value":844,"label":"France"},{"value":843,"label":"Guy de Maupassant"}]},"featured_image_src_large":["https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Guy-de-Maupassant-Nochebuena.webp",1024,1024,false],"author_info":{"display_name":"Juan Pablo Guevara","author_link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/author\/spartakku\/"},"comment_info":"","category_info":[{"term_id":826,"name":"Nouvelles","slug":"nouvelles","term_group":0,"term_taxonomy_id":826,"taxonomy":"category","description":"","parent":0,"count":73,"filter":"raw","cat_ID":826,"category_count":73,"category_description":"","cat_name":"Nouvelles","category_nicename":"nouvelles","category_parent":0}],"tag_info":[{"term_id":838,"name":"+14","slug":"14-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":838,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":4,"filter":"raw"},{"term_id":844,"name":"France","slug":"france-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":844,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":29,"filter":"raw"},{"term_id":843,"name":"Guy de Maupassant","slug":"guy-de-maupassant-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":843,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":20,"filter":"raw"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20816","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20816"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20816\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20817"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20816"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20816"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20816"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}