{"id":20888,"date":"2025-03-17T20:39:55","date_gmt":"2025-03-18T00:39:55","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=20888"},"modified":"2025-03-17T20:39:58","modified_gmt":"2025-03-18T00:39:58","slug":"h-p-lovecraft-lalchimiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/h-p-lovecraft-lalchimiste\/20888\/","title":{"rendered":"H. P. Lovecraft : L\u2019alchimiste"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Synopsis<\/strong> : <em>L&rsquo;Alchimiste<\/em> (The Alchemist) est un conte de H. P. Lovecraft, publi\u00e9 en novembre 1916 dans le magazine <em>The United Amateur<\/em>. L&rsquo;histoire est racont\u00e9e par Antoine, le dernier descendant d&rsquo;une ancienne et ruin\u00e9e lign\u00e9e de nobles fran\u00e7ais marqu\u00e9e par un myst\u00e9rieux mal\u00e9diction qui condamne ses membres \u00e0 mourir jeunes. Depuis son enfance, le protagoniste grandit isol\u00e9 dans un ch\u00e2teau en ruines, entour\u00e9 de solitude, de livres et de sombres pr\u00e9sages sur sa lign\u00e9e. En enqu\u00eatant sur l&rsquo;origine de la trag\u00e9die familiale, il d\u00e9couvre d&rsquo;anciens documents qui le relient \u00e0 un pass\u00e9 plein de secrets, d&rsquo;alchimie et d&rsquo;une sombre menace qui semble d\u00e9fier le temps.<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-d9a2ce65\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/H.-P.-Lovecraft-El-alquimista.webp\" alt=\"H. P. Lovecraft - El\u00a0alquimista\" class=\"wp-image-20846\" srcset=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/H.-P.-Lovecraft-El-alquimista.webp 1024w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/H.-P.-Lovecraft-El-alquimista-300x300.webp 300w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/H.-P.-Lovecraft-El-alquimista-150x150.webp 150w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/H.-P.-Lovecraft-El-alquimista-768x768.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">L\u2019alchimiste<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">H. P. Lovecraft<br>(Nouvelle compl\u00e8te)<\/p>\n\n\n\n<p>Tout en haut d\u2019une colline verdoyante, aux flancs plant\u00e9s des arbres noueux d\u2019une for\u00eat des premiers \u00e2ges, s\u2019\u00e9l\u00e8ve le vieux ch\u00e2teau de mes anc\u00eatres. Pendant des si\u00e8cles, il a servi de demeure et de fief \u00e0 notre fi\u00e8re lign\u00e9e, dont l\u2019anciennet\u00e9 d\u00e9passe celle des remparts moussus qui ont domin\u00e9, jadis, la rude et sauvage campagne environnante. Ses anciennes tours, qui portent les stigmates des bourrasques essuy\u00e9es pendant des g\u00e9n\u00e9rations et qui s\u2019effritent aujourd\u2019hui sous l\u2019inexorable et puissante pression du temps, faisaient partie, au Moyen \u00c2ge, de l\u2019une des plus formidables et redoutables forteresses de France. Du haut de ses tours \u00e0 m\u00e2chicoulis et de ses remparts, des barons, des comtes, et m\u00eame des rois avaient \u00e9t\u00e9 tenus en \u00e9chec, et jamais ses spacieuses salles d\u2019armes n\u2019avaient retenti du pas de l\u2019envahisseur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les choses ont bien chang\u00e9 depuis l\u2019\u00e9poque f\u00e9odale. L\u2019aust\u00e9rit\u00e9 a remplac\u00e9 les fastes d\u2019antan. Trop fiers de leur nom pour se livrer au commerce, mes a\u00efeux se sont petit \u00e0 petit s\u00e9par\u00e9s de leurs biens. M\u00eame le ch\u00e2teau n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9&nbsp;: ses murs s\u2019effritent, le parc est envahi par les herbes folles, les douves sont \u00e0 sec et les tourelles menacent de s\u2019effondrer. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, les planchers d\u00e9fonc\u00e9s, les tapisseries pass\u00e9es, les lambris d\u00e9vor\u00e9s par les vers racontent notre lugubre histoire, celle d\u2019une splendeur d\u00e9chue.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que les si\u00e8cles passaient, l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre les quatre grandes tours tomb\u00e8rent en ruine, jusqu\u2019au jour o\u00f9 il n\u2019en resta plus qu\u2019une, o\u00f9 s\u2019abritaient les rares descendants des seigneurs autrefois tout-puissants de ces lieux. Ce fut dans l\u2019une des grandes et lugubres pi\u00e8ces de cette derni\u00e8re tour que moi, Antoine, le dernier des malheureux et maudits comtes de C\u2026, je vis le jour, il y a de cela quatre-vingt-dix ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es de ma vie mouvement\u00e9e, je les passai entre ces murs et dans ces for\u00eats sombres, ainsi que dans les ravins et les grottes sauvages du flanc de la colline. Je n\u2019ai jamais connu mes parents. Mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trente-deux ans, un mois avant ma naissance, par la chute d\u2019une pierre qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9tach\u00e9e de l\u2019un des cr\u00e9neaux du ch\u00e2teau. Et ma m\u00e8re \u00e9tait morte en me donnant le jour. Mon \u00e9ducation fut confi\u00e9e \u00e0 un vieux serviteur tr\u00e8s intelligent qui r\u00e9pondait au nom de Pierre. J\u2019\u00e9tais enfant unique, et ma solitude \u00e9tait encore aggrav\u00e9e par le fait que mon tuteur me tenait r\u00e9solument \u00e0 l\u2019\u00e9cart des enfants des paysans dont les demeures sont \u00e9parpill\u00e9es dans la plaine, au pied de la colline.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, Pierre me disait que cette r\u00e8gle s\u2019imposait, parce que ma naissance me pla\u00e7ait tr\u00e8s au-dessus de cette compagnie pl\u00e9b\u00e9ienne. Maintenant, je sais que son but v\u00e9ritable \u00e9tait de m\u2019emp\u00eacher d\u2019apprendre ce qui se racontait la nuit \u00e0 voix basse au coin du feu, dans les chaumi\u00e8res, sur la terrible mal\u00e9diction qui pesait sur notre famille. Isol\u00e9 et livr\u00e9 \u00e0 moi-m\u00eame, je passai de longues heures de mon enfance \u00e0 lire les anciens volumes qui remplissaient la biblioth\u00e8que poussi\u00e9reuse du ch\u00e2teau, et \u00e0 errer dans les bois fantomatiques de la colline. Tr\u00e8s t\u00f4t, je devins m\u00e9lancolique. Seul, ce qui avait trait \u00e0 la nature myst\u00e9rieuse et \u00e0 l\u2019occultisme m\u2019int\u00e9ressait.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne parvins pas \u00e0 conna\u00eetre grand-chose de ma famille, mais le peu que j\u2019en appris m\u2019affecta profond\u00e9ment. Peut-\u00eatre devais-je ce trait curieux aux r\u00e9ticences manifestes de Pierre \u00e0 parler des miens, mais toujours est-il que je ne pouvais entendre prononcer le nom de ma lign\u00e9e sans trembler d\u2019effroi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 mesure que je grandissais, je pus placer bout \u00e0 bout les fragments de renseignements que j\u2019avais p\u00e9niblement r\u00e9ussi \u00e0 arracher des l\u00e8vres de mon vieux pr\u00e9cepteur. Son r\u00e9cit faisait \u00e9tat de circonstances qui m\u2019avaient toujours sembl\u00e9 \u00e9tranges, mais que je trouvais, maintenant, inqui\u00e9tantes. Je veux parler de l\u2019\u00e2ge pr\u00e9coce auquel tous les comtes de notre lign\u00e9e avaient trouv\u00e9 la mort. J\u2019avais jusqu\u2019alors pens\u00e9 que nous \u00e9tions une famille d\u2019hommes \u00e0 la vie particuli\u00e8rement br\u00e8ve, mais je me mis \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ces d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s et \u00e0 \u00e9tablir des liens entre eux et les divagations du vieillard, qui parlait souvent de la mal\u00e9diction qui, depuis des si\u00e8cles, avait emp\u00each\u00e9 les tenants du titre de d\u00e9passer trente-deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de mon vingt et uni\u00e8me anniversaire, le brave Pierre me remit un manuscrit qui, me dit-il, avait \u00e9t\u00e9 transmis de p\u00e8re en fils depuis de nombreuses g\u00e9n\u00e9rations. Son contenu m\u2019apparut tr\u00e8s inqui\u00e9tant et l\u2019examen de ce document confirma mes plus horribles appr\u00e9hensions. \u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0, ma croyance dans le surnaturel \u00e9tait absolue&nbsp;; sinon, comment expliquer que je n\u2019aie pas rejet\u00e9 avec d\u00e9dain cette incroyable histoire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le parchemin \u00e9tait dat\u00e9 du&nbsp;XIIIe&nbsp;si\u00e8cle, quand le vieux ch\u00e2teau \u00e9tait au summum de sa puissance. Il \u00e9voquait le portrait d\u2019un personnage qui avait jadis habit\u00e9 nos terres. C\u2019\u00e9tait un homme de grand m\u00e9rite, quoique sa condition le pla\u00e7\u00e2t \u00e0 peine au-dessus d\u2019un paysan. Il s\u2019appelait Michel, mais on l\u2019avait surnomm\u00e9 le \u00ab&nbsp;Mauvais&nbsp;\u00bb \u00e0 cause de sa sinistre r\u00e9putation. Il connaissait, en effet, les terribles secrets de la magie noire et de l\u2019alchimie. Et comme il avait \u00e9tudi\u00e9 bien au-del\u00e0 de ce que lui permettait son \u00e9tat, ses recherches sur la pierre philosophale ou l\u2019\u00e9lixir de vie \u00e9ternelle terrorisaient les villageois. Michel le Mauvais avait un fils, Charles, un gar\u00e7on aussi vers\u00e9 que lui dans les sciences occultes et qui r\u00e9pondait au sobriquet de \u00ab&nbsp;Sorcier&nbsp;\u00bb. Les deux hommes vivaient compl\u00e8tement en marge du village et on les soup\u00e7onnait de se livrer aux pratiques les plus odieuses. On disait, par exemple, que le vieux Michel avait br\u00fbl\u00e9 sa femme en sacrifice au diable et l\u2019enl\u00e8vement inexpliqu\u00e9 de plusieurs enfants de paysans leur \u00e9tait imput\u00e9. Pourtant, dans la sombre nature du p\u00e8re et du fils, il y avait un rayon r\u00e9dempteur d\u2019humanit\u00e9. Le vieil homme adorait son fils et le jeune homme avait pour son p\u00e8re un amour mystique.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nuit, le ch\u00e2teau connut une grande animation, \u00e0 la suite de la disparition du jeune Godfrey, le fils du comte Henri. \u00c0 la t\u00eate de son escorte, le p\u00e8re d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 conduisait lui-m\u00eame les recherches. Il arriva ainsi chez les sorciers, o\u00f9 il trouva Michel le Mauvais pench\u00e9 au-dessus d\u2019un large chaudron en \u00e9bullition. Aveugl\u00e9 par le d\u00e9sespoir, furieux, perdant compl\u00e8tement le contr\u00f4le de ses nerfs, il saisit violemment le vieillard par le col. Quand il rel\u00e2cha son \u00e9treinte, sa victime avait cess\u00e9 de vivre. Au m\u00eame moment, ses serviteurs lui annonc\u00e8rent dans la joie que le jeune Godfrey venait d\u2019\u00eatre retrouv\u00e9 dans l\u2019une des chambres d\u00e9saffect\u00e9es du ch\u00e2teau. Mais il \u00e9tait trop tard pour le pauvre Michel, qui \u00e9tait mort pour rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Tandis que le comte et ses hommes s\u2019\u00e9loignaient de l\u2019humble demeure de l\u2019alchimiste, la silhouette de Charles le Sorcier apparut derri\u00e8re les arbres. Il apprit ainsi, par les bavardages des serfs attir\u00e9s par cette agitation, ce qui venait de se passer. Il parut tout d\u2019abord indiff\u00e9rent au destin de son p\u00e8re, puis s\u2019avan\u00e7ant lentement \u00e0 la rencontre du comte, il pronon\u00e7a d\u2019une voix terne, et pourtant terrifiante, cette \u00e9pouvantable mal\u00e9diction&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Que jamais aucun noble de ta race meurtri\u00e8re ne vive jusqu\u2019\u00e0 un \u00e2ge plus avanc\u00e9 que le tien&nbsp;\u00bb, dit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces mots, il tira de sa tunique une fiole d\u2019un liquide incolore qu\u2019il lan\u00e7a au visage du meurtrier de son p\u00e8re. Puis il disparut derri\u00e8re le rideau d\u2019encre de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le comte mourut instantan\u00e9ment, sans un mot. Il fut enterr\u00e9 le jour suivant. Il avait \u00e0 peine plus de trente-deux ans. Bien que des bandes de paysans eussent sillonn\u00e9 les bois voisins et les prairies alentour, on ne retrouva jamais la trace du Sorcier. Puis le temps estompa le souvenir de cette mal\u00e9diction dans l\u2019esprit de la famille du comte Henri. Lorsque Godfrey, cause involontaire de cette trag\u00e9die et porteur du titre, fut tu\u00e9 au cours d\u2019une partie de chasse, par une fl\u00e8che, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trente-deux ans, personne ne fit le moindre rapprochement entre sa fin et la pr\u00e9diction de Charles. Mais quand, quelques ann\u00e9es plus tard, son jeune fils Robert fut trouv\u00e9 mort sans cause apparente dans un champ voisin, les vieux paysans ne manqu\u00e8rent pas de noter cette co\u00efncidence troublante&nbsp;: il avait, lui aussi, trente-deux ans. Louis, le fils de Robert, fut retrouv\u00e9 noy\u00e9 dans un foss\u00e9 au m\u00eame \u00e2ge fatidique. L\u2019inqui\u00e9tante n\u00e9crologie se poursuivait ainsi jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Les Henri, les Robert, les Antoine et les Armand, tous furent arrach\u00e9s \u00e0 leurs vies heureuses et vertueuses \u00e0 l\u2019\u00e2ge qu\u2019avait leur malheureux anc\u00eatre lorsqu\u2019il fut assassin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Si j\u2019en croyais cette chronique, il me restait donc tout au plus onze ans d\u2019existence. Ma vie, qui me paraissait sans int\u00e9r\u00eat jusqu\u2019alors, me devint \u00e0 chaque jour pass\u00e9 \u00e0 explorer les sortil\u00e8ges de la magie noire, plus pr\u00e9cieuse. Coup\u00e9 du monde comme je l\u2019\u00e9tais, la science moderne n\u2019avait exerc\u00e9 sur moi aucune influence. Je passais tous mes loisirs, ainsi qu\u2019avaient d\u00fb le faire, au Moyen \u00c2ge, le vieux Michel et son fils Charles, \u00e0 acqu\u00e9rir la science d\u00e9monologique et alchimique. J\u2019avais beau lire tous les documents que je pouvais compulser, nulle part je ne trouvais trace de l\u2019incroyable mal\u00e9diction qui pesait sur ma famille. Dans mes rares moments de lucidit\u00e9, j\u2019allais m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 invoquer une cause naturelle pour expliquer tous ces d\u00e9c\u00e8s, attribuant la mort pr\u00e9matur\u00e9e de mes anc\u00eatres aux descendants du sinistre Charles le Sorcier. Mais renseignements pris, l\u2019alchimiste ne semblait pas avoir eu d\u2019h\u00e9ritier. Je me remis donc \u00e0 mes \u00e9tudes, cherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une formule magique qui lib\u00e9rerait ma race de cette infernale fatalit\u00e9. De toute fa\u00e7on, une chose \u00e9tait certaine&nbsp;: je ne me marierais pas. Comme j\u2019\u00e9tais le dernier membre vivant de notre maison, la mal\u00e9diction finirait ainsi avec moi. Lorsque j\u2019atteignis l\u2019\u00e2ge de trente ans, le vieux Pierre fut rappel\u00e9 dans l\u2019autre monde. Seul, je l\u2019ensevelis sous les pierres de la cour, l\u00e0 o\u00f9 il avait tant aim\u00e9 se promener. Devenu l\u2019unique occupant de cette grande b\u00e2tisse, mes craintes s\u2019apais\u00e8rent progressivement. Mon esprit cessa ses vaines protestations contre un sort in\u00e9luctable, et j\u2019en vins m\u00eame \u00e0 ne plus craindre la fin qui avait \u00e9t\u00e9 celle de tous mes a\u00efeux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, je passai le plus clair de mon temps \u00e0 explorer les salles et les tours abandonn\u00e9es du ch\u00e2teau, ce que, par crainte, je n\u2019avais jamais fait dans ma jeunesse. Certaines de ces pi\u00e8ces n\u2019avaient pas re\u00e7u de visite d\u2019un \u00eatre humain depuis plus de quatre si\u00e8cles. J\u2019y d\u00e9couvris de nombreux et curieux objets, des meubles couverts d\u2019une poussi\u00e8re s\u00e9culaire, pourris par l\u2019humidit\u00e9, et des toiles d\u2019araign\u00e9e en quantit\u00e9 incroyable. D\u2019\u00e9normes chauves-souris aux ailes osseuses \u00e9taient les seules occupantes de la demeure. Je me mis \u00e0 tenir un compte minutieux de mon \u00e2ge en jours et en heures. Chacun des mouvements du balancier de la massive pendule de la biblioth\u00e8que m\u2019\u00f4tait une seconde de vie. J\u2019approchais ainsi du moment que j\u2019appr\u00e9hendais depuis si longtemps. Comme la plupart de mes anc\u00eatres avaient \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s un peu avant d\u2019atteindre l\u2019\u00e2ge du comte Henri lors de sa mort, je m\u2019attendais \u00e0 tout instant \u00e0 rencontrer le tr\u00e9pas. Quelle serait ma mort&nbsp;? Sous quelle forme la mal\u00e9diction se pr\u00e9senterait-elle&nbsp;? Je l\u2019ignorais, bien s\u00fbr, mais je n\u2019\u00e9tais pas d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 la subir passivement. Elle ne trouverait pas en moi une l\u00e2che victime. En attendant, je me remis avec ardeur \u00e0 fouiller les recoins du vieux ch\u00e2teau. Ce fut au cours de la plus longue de mes investigations, moins d\u2019une semaine avant l\u2019heure de ma fin, d\u2019apr\u00e8s mes calculs, que se produisit l\u2019\u00e9v\u00e9nement qui devait \u00eatre pour moi le plus important de ma vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 la plus grande partie de la matin\u00e9e \u00e0 monter et descendre les escaliers d\u2019une tour en ruine, j\u2019explorai dans l\u2019apr\u00e8s-midi les niveaux inf\u00e9rieurs, qui me conduisirent dans ce qui aurait pu aussi bien \u00eatre une remise m\u00e9di\u00e9vale qu\u2019un d\u00e9p\u00f4t plus r\u00e9cent de munitions. En traversant lentement le passage recouvert de salp\u00eatre, au pied du dernier escalier, je d\u00e9couvris, \u00e0 la lueur tremblante de ma torche, un mur lisse et humide qui m\u2019obstruait le chemin. J\u2019allais retourner sur mes pas, lorsque mon regard tomba sur une trappe garnie d\u2019un anneau, juste devant moi. Pris de curiosit\u00e9, je r\u00e9ussis non sans difficult\u00e9s \u00e0 soulever la pi\u00e8ce de bois, qui s\u2019ouvrit sur un trou noir d\u2019o\u00f9 s\u2019exhal\u00e8rent des vapeurs si malsaines, qu\u2019elles firent vaciller mon brandon. D\u00e8s que la flamme, que j\u2019abaissai vers les t\u00e9n\u00e8bres, se remit \u00e0 br\u00fbler normalement, j\u2019aper\u00e7us le sommet d\u2019un escalier de pierre dans lequel je m\u2019engageai. Les marches \u00e9taient nombreuses et menaient vers un \u00e9troit passage qui devait \u00eatre situ\u00e9 tr\u00e8s bas sous terre. Le couloir, assez long, se terminait par une massive porte de ch\u00eane toute suintante d\u2019humidit\u00e9, et qui r\u00e9sista fermement \u00e0 tous les efforts que je fis pour l\u2019ouvrir. De guerre lasse, j\u2019interrompis mes infructueux essais. J\u2019avais \u00e0 peine fait quelques pas vers l\u2019escalier que soudain j\u2019\u00e9prouvai l\u2019un des chocs les plus violents et les plus bouleversants qui se puissent imaginer. Au moment o\u00f9 je m\u2019y attendais le moins, la lourde porte s\u2019ouvrit lentement derri\u00e8re moi, en grin\u00e7ant affreusement sur ses gonds rouill\u00e9s. Sur le coup, je fus absolument incapable d\u2019analyser mes r\u00e9actions, tant je tremblais de frayeur. Quand enfin je me tournai vers l\u2019endroit d\u2019o\u00f9 \u00e9tait venu le bruit, mes yeux jaillirent presque de leurs orbites au spectacle qui s\u2019offrit \u00e0 eux. L\u00e0, dans l\u2019embrasure de l\u2019ancienne porte gothique, se tenait un \u00eatre humain. Il \u00e9tait v\u00eatu d\u2019une longue tunique sombre et d\u2019une calotte comme on en portait au Moyen \u00c2ge. Sa barbe abondante \u00e9tait d\u2019un brun intense et son front beaucoup plus haut que la moyenne. Ses joues creuses \u00e9taient marqu\u00e9es de profonds sillons de rides et ses longues mains noueuses, semblables \u00e0 des griffes, \u00e9taient d\u2019une blancheur de marbre, comme je n\u2019en avais encore jamais vu chez un homme.<\/p>\n\n\n\n<p>La silhouette, d\u2019une maigreur squelettique, \u00e9tait \u00e9trangement vo\u00fbt\u00e9e, et comme perdue dans les plis volumineux de l\u2019anachronique v\u00eatement. Mais le plus \u00e9trange de tout, c\u2019\u00e9taient les yeux, deux ab\u00eemes d\u2019obscurit\u00e9, parfaitement semblables, qui exprimaient une profonde intelligence, mais dont la cruaut\u00e9 paraissait inhumaine. Et ces yeux \u00e9taient maintenant fix\u00e9s sur moi, transper\u00e7ant mon \u00e2me de leur haine, et me clouant sur place. Enfin, l\u2019homme se mit \u00e0 parler d\u2019une voix s\u00e9pulcrale qui me gla\u00e7a jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os. La langue qu\u2019il employait \u00e9tait une forme de bas latin utilis\u00e9e par les hommes les plus instruits de l\u2019\u00e9poque f\u00e9odale. Celle-ci ne m\u2019\u00e9tait pas \u00e9trang\u00e8re, en raison de mes recherches pouss\u00e9es sur les travaux des alchimistes et des d\u00e9monologistes anciens. La singuli\u00e8re cr\u00e9ature \u00e9voqua la mal\u00e9diction qui planait sur ma race et m\u2019apprit ma fin prochaine. Apr\u00e8s avoir retrac\u00e9 le crime commis par mon anc\u00eatre sur la personne du vieux Michel le Mauvais, elle s\u2019appesantit longuement sur la vengeance de Charles le Sorcier. Elle me raconta comment, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la faveur de la nuit, le jeune Charles \u00e9tait revenu bien des ann\u00e9es plus tard pour tuer l\u2019h\u00e9ritier Godfrey, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une fl\u00e8che, juste avant qu\u2019il n\u2019atteigne l\u2019\u00e2ge o\u00f9 son p\u00e8re avait p\u00e9ri. \u00c0 l\u2019insu de tous, il \u00e9tait retourn\u00e9 vivre dans la propri\u00e9t\u00e9 et s\u2019\u00e9tait install\u00e9 ici m\u00eame, dans cette vieille chambre souterraine abandonn\u00e9e. Robert, le fils de Godfrey, il l\u2019avait terrass\u00e9 dans un champ en le for\u00e7ant \u00e0 avaler du poison. Puis il avait tu\u00e9 le fils de Robert, et aussi le fils du fils de Robert, et ainsi de suite, jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Depuis des si\u00e8cles, il veillait scrupuleusement \u00e0 ce que fussent remplis les termes cruels de sa mal\u00e9diction vengeresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y avait l\u00e0 un myst\u00e8re que je ne comprenais pas. Comment Charles le Sorcier, qui avait d\u00fb mourir il y avait plusieurs centaines d\u2019ann\u00e9es, avait-il pu frapper aussi r\u00e9guli\u00e8rement tous mes ascendants&nbsp;? L\u2019homme, pendant ce temps-l\u00e0, parlait avec complaisance des recherches alchimiques tr\u00e8s pouss\u00e9es que les deux sorciers, le p\u00e8re et le fils, surtout Charles d\u2019ailleurs, avaient effectu\u00e9es sur un \u00e9lixir qui devait assurer \u00e0 celui qui l\u2019absorberait la vie et la jeunesse \u00e9ternelles. Son enthousiasme \u00e9tait tel que, pendant un moment, son terrible regard noir perdit de sa cruaut\u00e9. Mais d\u2019un seul coup, ses yeux brill\u00e8rent d\u2019une fa\u00e7on hallucinante, et, avec un sifflement comparable \u00e0 celui d\u2019un serpent, l\u2019\u00e9tranger brandit une fiole de verre avec l\u2019\u00e9vidente intention de m\u2019assassiner ainsi que, six cents ans plus t\u00f4t, Charles le Sorcier l\u2019avait fait pour mon anc\u00eatre. Pouss\u00e9 par l\u2019instinct de conservation, je rompis brusquement le charme qui me tenait immobile et lan\u00e7ai, avec force, ma torche vers la cr\u00e9ature mena\u00e7ante. La fiole se brisa sur la pierraille tandis que la tunique du meurtrier s\u2019embrasait avec rapidit\u00e9 en jetant une lueur fantomatique sur l\u2019horrible sc\u00e8ne. Le cri de terreur et de rage impuissante qui s\u2019\u00e9chappa des l\u00e8vres du mourant d\u00e9passa en abomination ce que mes nerfs \u00e9branl\u00e9s pouvaient supporter. Et je m\u2019\u00e9croulai, sans connaissance, sur le sol fangeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque je revins \u00e0 moi, l\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tait totale&nbsp;; tremblant de peur au souvenir de ce que je venais de voir, j\u2019h\u00e9sitai \u00e0 pousser plus avant mes investigations, mais finalement, la curiosit\u00e9 l\u2019emporta sur la terreur. Qui donc, me demandai-je, pouvait \u00eatre ce diabolique personnage&nbsp;? Comment avait-il r\u00e9ussi \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans la tour&nbsp;? Pourquoi essayait-il de venger avec tant d\u2019ardeur la mort de Michel le Mauvais&nbsp;? Et surtout, comment, depuis la mort de Charles le Sorcier, s\u2019\u00e9tait exerc\u00e9e \u00e0 travers les si\u00e8cles la terrible mal\u00e9diction&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Sachant que celui que je venais d\u2019abattre \u00e9tait l\u2019homme qui devait me faire dispara\u00eetre, je me sentis compl\u00e8tement d\u00e9livr\u00e9 de mes craintes pass\u00e9es. Mais maintenant que j\u2019\u00e9tais lib\u00e9r\u00e9, je br\u00fblais du d\u00e9sir d\u2019en apprendre davantage sur le destin cruel qui avait poursuivi ma famille, et qui avait fait de ma jeunesse un cauchemar sans fin. Je trouvai dans mes poches un briquet \u00e0 silex avec lequel j\u2019allumai la seconde torche que je portais sur moi. Sa p\u00e2le lumi\u00e8re me r\u00e9v\u00e9la d\u2019abord la silhouette d\u00e9form\u00e9e et sombre du myst\u00e9rieux \u00e9tranger. Ses yeux terrifiants \u00e9taient \u00e0 pr\u00e9sent clos. M\u2019en d\u00e9tournant, je poussai la lourde porte gothique pour entrer dans la pi\u00e8ce. J\u2019y d\u00e9couvris une esp\u00e8ce de laboratoire d\u2019alchimiste. Il y avait dans un coin un tas de m\u00e9tal jaune, scintillant avec \u00e9clat \u00e0 la lueur de la torche. Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce de l\u2019or, mais encore sous le coup de l\u2019\u00e9motion, je remis cet examen \u00e0 plus tard. \u00c0 l\u2019autre bout de la pi\u00e8ce, je trouvai une ouverture qui d\u00e9bouchait dans l\u2019un des nombreux ravins de la for\u00eat. C\u2019\u00e9tait par l\u00e0 que l\u2019inconnu avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans le ch\u00e2teau. En revenant sur mes pas, je passai pr\u00e8s de l\u2019\u00e9tranger, lorsqu\u2019il me sembla entendre un faible g\u00e9missement. M\u00e9dus\u00e9, je me tournai pour examiner le corps calcin\u00e9 et tout recroquevill\u00e9 sur le sol. Alors, brusquement, les yeux \u00e9pouvantables, plus noirs encore que le visage br\u00fbl\u00e9 dans lequel ils brillaient, s\u2019agrandirent d\u00e9mesur\u00e9ment avec une expression que je fus incapable d\u2019interpr\u00e9ter. Les l\u00e8vres craquel\u00e9es essay\u00e8rent de former des mots que j\u2019avais du mal \u00e0 saisir. Je distinguai pourtant le nom de Charles le Sorcier, les mots \u00ab&nbsp;ann\u00e9e&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;mal\u00e9diction&nbsp;\u00bb furent \u00e9galement prononc\u00e9s par la bouche d\u00e9form\u00e9e, mais je n\u2019arrivais pas encore \u00e0 trouver un sens \u00e0 ces mots incoh\u00e9rents. Comme, manifestement, je ne comprenais pas la signification des paroles prononc\u00e9es, les yeux noirs me fix\u00e8rent \u00e0 nouveau, diaboliquement. D\u00e9sarm\u00e9 par les efforts de mon adversaire, je restai devant lui, immobile, tremblant d\u2019effroi. Tout \u00e0 coup, ce mis\u00e9rable corps fut anim\u00e9 d\u2019un dernier sursaut. Soulevant sa t\u00eate du sol humide et rocailleux, il recouvra la parole pour hurler, dans un dernier souffle, ces mots qui, depuis, hantent mes jours et mes nuits&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Insens\u00e9&nbsp;! vocif\u00e9ra-t-il. Tu n\u2019as pas devin\u00e9 mon secret&nbsp;? N\u2019as-tu pas suffisamment d\u2019intelligence pour reconna\u00eetre la volont\u00e9 qui a perp\u00e9tr\u00e9 la terrible mal\u00e9diction qui depuis six cents ans p\u00e8se sur ta famille&nbsp;? Ne t\u2019ai-je pas parl\u00e9 de l\u2019\u00e9lixir de la vie \u00e9ternelle&nbsp;? Ni de nos secr\u00e8tes d\u00e9couvertes en alchimie&nbsp;?&nbsp;<em>Je te le dis, c\u2019est moi&nbsp;! Moi&nbsp;! Moi&nbsp;! qui ai v\u00e9cu six cents ans pour assouvir ma vengeance, car je suis Charles le Sorcier&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">FIN<\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Alchimiste (The Alchemist) est un conte de H. P. Lovecraft, publi\u00e9 en novembre 1916 dans le magazine The United Amateur. L&rsquo;histoire est racont\u00e9e par Antoine, le dernier descendant d&rsquo;une ancienne et ruin\u00e9e lign\u00e9e de nobles fran\u00e7ais marqu\u00e9e par un myst\u00e9rieux mal\u00e9diction qui condamne ses membres \u00e0 mourir jeunes. Depuis son enfance, le protagoniste grandit isol\u00e9 dans un ch\u00e2teau en ruines, entour\u00e9 de solitude, de livres et de sombres pr\u00e9sages sur sa lign\u00e9e. En enqu\u00eatant sur l&rsquo;origine de la trag\u00e9die familiale, il d\u00e9couvre d&rsquo;anciens documents qui le relient \u00e0 un pass\u00e9 plein de secrets, d&rsquo;alchimie et d&rsquo;une sombre menace qui semble d\u00e9fier le temps.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":20846,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","footnotes":""},"categories":[826],"tags":[837,933,834],"class_list":["post-20888","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles","tag-etats-unis","tag-h-p-lovecraft-fr","tag-horreur","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":826,"label":"Nouvelles"}],"post_tag":[{"value":837,"label":"\u00c9tats-Unis"},{"value":933,"label":"H. 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