{"id":25321,"date":"2025-11-29T00:56:37","date_gmt":"2025-11-29T04:56:37","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=25321"},"modified":"2025-11-29T00:56:39","modified_gmt":"2025-11-29T04:56:39","slug":"guy-de-maupassant-au-bois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/guy-de-maupassant-au-bois\/25321\/","title":{"rendered":"Guy de Maupassant : Au bois"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Synopsis&nbsp;: <\/strong>\u00ab <em>Au bois<\/em> \u00bb est une nouvelle de Guy de Maupassant, parue dans <em>Gil Blas<\/em> le 22 juin 1886. Un couple de vieillards est arr\u00eat\u00e9 par le garde champ\u00eatre dans des circonstances scandaleuses au c\u0153ur du bois de Champioux. Interrog\u00e9s par le maire, on d\u00e9couvre qu\u2019ils sont mari\u00e9s et tiennent une mercerie \u00e0 Paris. La situation d\u00e9concerte : pourquoi deux personnes \u00e2g\u00e9es, mari\u00e9es et respectables, s\u2019exposeraient-elles \u00e0 un tel affront en pleine campagne ?<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-a861c79d\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Guy-de-Maupassant-En-el-bosque.webp\" alt=\"Guy de Maupassant : Au bois\" class=\"wp-image-25320\" srcset=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Guy-de-Maupassant-En-el-bosque.webp 1024w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Guy-de-Maupassant-En-el-bosque-300x300.webp 300w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Guy-de-Maupassant-En-el-bosque-150x150.webp 150w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Guy-de-Maupassant-En-el-bosque-768x768.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Au bois<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Guy de Maupassant<br>(Nouvelle compl\u00e8te)<\/p>\n\n\n\n<p>Le maire allait se mettre \u00e0 table pour d\u00e9jeuner quand on le pr\u00e9vint que le garde champ\u00eatre l\u2019attendait \u00e0 la mairie avec deux prisonniers.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019y rendit aussit\u00f4t, et il aper\u00e7ut en effet son garde champ\u00eatre, le p\u00e8re Hochedur, debout et surveillant d\u2019un air s\u00e9v\u00e8re un couple de bourgeois m\u00fbrs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme, un gros p\u00e8re, \u00e0 nez rouge et \u00e0 cheveux blancs, semblait accabl\u00e9 ; tandis que la femme, une petite m\u00e8re endimanch\u00e9e, tr\u00e8s ronde, tr\u00e8s grasse, aux joues luisantes, regardait d\u2019un \u0153il de d\u00e9fi l\u2019agent de l\u2019autorit\u00e9 qui les avait captiv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maire demanda :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Qu\u2019est-ce que c\u2019est, p\u00e8re Hochedur ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le garde champ\u00eatre fit sa d\u00e9position.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait sorti le matin, \u00e0 l\u2019heure ordinaire, pour accomplir sa tourn\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 des bois Champioux jusqu\u2019\u00e0 la fronti\u00e8re d\u2019Argenteuil. Il n\u2019avait rien remarqu\u00e9 d\u2019insolite dans la campagne sinon qu\u2019il faisait beau temps et que les bl\u00e9s allaient bien, quand le fils aux Bredel, qui binait sa vigne, avait cri\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 H\u00e9, p\u00e8re Hochedur, allez voir au bord du bois, au premier taillis, vous y trouverez un couple de pigeons qu\u2019ont bien cent trente ans \u00e0 eux deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait parti dans la direction indiqu\u00e9e ; il \u00e9tait entr\u00e9 dans le fourr\u00e9 et il avait entendu des paroles et des soupirs qui lui firent supposer un flagrant d\u00e9lit de mauvaises m\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, avan\u00e7ant sur ses genoux et sur ses mains comme pour surprendre un braconnier, il avait appr\u00e9hend\u00e9 le couple pr\u00e9sent au moment o\u00f9 il s\u2019abandonnait \u00e0 son instinct.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maire stup\u00e9fait consid\u00e9ra les coupables. L\u2019homme comptait bien soixante ans et la femme au moins cinquante-cinq.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se mit \u00e0 les interroger, en commen\u00e7ant par le m\u00e2le, qui r\u00e9pondait d\u2019une voix si faible qu\u2019on l\u2019entendait \u00e0 peine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Votre nom ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Nicolas Beaurain.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Votre profession ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Mercier, rue des Martyrs, \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Qu\u2019est-ce que vous faisiez dans ce bois ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le mercier demeura muet, les yeux baiss\u00e9s sur son gros ventre, les mains \u00e0 plat sur ses cuisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maire reprit :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Niez-vous ce qu\u2019affirme l\u2019agent de l\u2019autorit\u00e9 municipale ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Non, Monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Alors, vous avouez ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Oui, Monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Qu\u2019avez-vous \u00e0 dire pour votre d\u00e9fense ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Rien, Monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 O\u00f9 avez-vous rencontr\u00e9 votre complice ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 C\u2019est ma femme, Monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Votre femme ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Oui, Monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Alors\u2026 alors\u2026 vous ne vivez donc pas ensemble\u2026 \u00e0 Paris ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Pardon, Monsieur, nous vivons ensemble !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Mais\u2026 alors\u2026 vous \u00eates fou, tout \u00e0 fait fou, mon cher Monsieur, de venir vous faire pincer ainsi, en plein champ, \u00e0 dix heures du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mercier semblait pr\u00eat \u00e0 pleurer de honte. Il murmura :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 C\u2019est elle qui a voulu \u00e7a ! Je lui disais bien que c\u2019\u00e9tait stupide. Mais quand une femme a quelque chose dans la t\u00eate\u2026 vous savez\u2026 elle ne l\u2019a pas ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maire, qui aimait l\u2019esprit gaulois, sourit et r\u00e9pliqua :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Dans votre cas, c\u2019est le contraire qui aurait d\u00fb avoir lieu. Vous ne seriez pas ici si elle ne l\u2019avait eu que dans la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors une col\u00e8re saisit M. Beaurain, et se tournant vers sa femme :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Vois-tu o\u00f9 tu nous as men\u00e9s avec ta po\u00e9sie ? Hein, y sommes-nous ? Et nous irons devant les tribunaux, maintenant, \u00e0 notre \u00e2ge, pour attentat aux m\u0153urs ! Et il nous faudra fermer boutique, vendre la client\u00e8le et changer de quartier ! Y sommes-nous ?<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Beaurain se leva, et, sans regarder son mari, elle s\u2019expliqua sans embarras, sans vaine pudeur, presque sans h\u00e9sitation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Mon Dieu, Monsieur le maire, je sais bien que nous sommes ridicules. Voulez-vous me permettre de plaider ma cause comme un avocat, ou mieux comme une pauvre femme ; et j\u2019esp\u00e8re que vous voudrez bien nous renvoyer chez nous, et nous \u00e9pargner la honte des poursuites.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Autrefois, quand j\u2019\u00e9tais jeune, j\u2019ai fait la connaissance de M. Beaurain dans ce pays-ci, un dimanche. Il \u00e9tait employ\u00e9 dans un magasin de mercerie ; moi j\u2019\u00e9tais demoiselle dans un magasin de confections. Je me rappelle de \u00e7a comme d\u2019hier. Je venais passer les dimanches ici, de temps en temps, avec une amie, Rose Lev\u00eaque, avec qui j\u2019habitais rue Pigalle. Rose avait un bon ami, et moi pas. C\u2019est lui qui nous conduisait ici. Un samedi, il m\u2019annon\u00e7a, en riant, qu\u2019il am\u00e8nerait un camarade le lendemain. Je compris bien ce qu\u2019il voulait, mais je r\u00e9pondis que c\u2019\u00e9tait inutile. J\u2019\u00e9tais sage, Monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le lendemain donc, nous avons trouv\u00e9 au chemin de fer Monsieur Beaurain. Il \u00e9tait bien de sa personne \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0. Mais j\u2019\u00e9tais d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 ne pas c\u00e9der, et je ne c\u00e9dai pas non plus.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous voici donc arriv\u00e9s \u00e0 Bezons. Il faisait un temps superbe, de ces temps qui vous chatouillent le c\u0153ur. Moi, quand il fait beau, aussi bien maintenant qu\u2019autrefois, je deviens b\u00eate \u00e0 pleurer, et quand je suis \u00e0 la campagne je perds la t\u00eate. La verdure, les oiseaux qui chantent, les bl\u00e9s qui remuent au vent, les hirondelles qui vont si vite, l\u2019odeur de l\u2019herbe, les coquelicots, les marguerites, tout \u00e7a me rend folle ! C\u2019est comme le champagne quand on n\u2019en a pas l\u2019habitude !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Donc il faisait un temps superbe, et doux, et clair, qui vous entrait dans le corps par les yeux en regardant et par la bouche en respirant. Rose et Simon s\u2019embrassaient toutes les minutes ! \u00c7a me faisait quelque chose de les voir. M. Beaurain et moi nous marchions derri\u00e8re eux, sans gu\u00e8re parler. Quand on ne se conna\u00eet pas on ne trouve rien \u00e0 se dire. Il avait l\u2019air timide, ce gar\u00e7on, et \u00e7a me plaisait de le voir embarrass\u00e9. Nous voici arriv\u00e9s dans le petit bois. Il y faisait frais comme dans un bain, et tout le monde s\u2019assit sur l\u2019herbe. Rose et son ami me plaisantaient sur ce que j\u2019avais l\u2019air s\u00e9v\u00e8re ; vous comprenez bien que je ne pouvais pas \u00eatre autrement. Et puis voil\u00e0 qu\u2019ils recommencent \u00e0 s\u2019embrasser sans plus se g\u00eaner que si nous n\u2019\u00e9tions pas l\u00e0 ; et puis ils se sont parl\u00e9 tout bas ; et puis ils se sont lev\u00e9s et ils sont partis dans les feuilles sans rien dire. Jugez quelle sotte figure je faisais, moi, en face de ce gar\u00e7on que je voyais pour la premi\u00e8re fois. Je me sentais tellement confuse de les voir partir ainsi que \u00e7a me donna du courage ; et je me suis mise \u00e0 parler. Je lui demandai ce qu\u2019il faisait ; il \u00e9tait commis de mercerie, comme je vous l\u2019ai appris tout \u00e0 l\u2019heure. Nous caus\u00e2mes donc quelques instants ; \u00e7a l\u2019enhardit, lui, et il voulut prendre des privaut\u00e9s, mais je le remis \u00e0 sa place, et roide, encore. Est-ce pas vrai, Monsieur Beaurain ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>M. Beaurain, qui regardait ses pieds avec confusion, ne r\u00e9pondit pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle reprit : \u00ab Alors il a compris que j\u2019\u00e9tais sage, ce gar\u00e7on, et il s\u2019est mis \u00e0 me faire la cour gentiment, en honn\u00eate homme. Depuis ce jour il est revenu tous les dimanches. Il \u00e9tait tr\u00e8s amoureux de moi, Monsieur. Et moi aussi je l\u2019aimais beaucoup, mais l\u00e0, beaucoup ! C\u2019\u00e9tait un beau gar\u00e7on, autrefois.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Bref, il m\u2019\u00e9pousa en septembre et nous pr\u00eemes notre commerce rue des Martyrs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ce fut dur pendant des ann\u00e9es, Monsieur. Les affaires n\u2019allaient pas ; et nous ne pouvions gu\u00e8re nous payer des parties de campagne. Et puis, nous en avions perdu l\u2019habitude. On a autre chose en t\u00eate ; on pense \u00e0 la caisse plus qu\u2019aux fleurettes, dans le commerce. Nous vieillissions, peu \u00e0 peu, sans nous en apercevoir, en gens tranquilles qui ne pensent plus gu\u00e8re \u00e0 l\u2019amour. On ne regrette rien tant qu\u2019on ne s\u2019aper\u00e7oit pas que \u00e7a vous manque.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Et puis, Monsieur, les affaires ont mieux \u00e9t\u00e9, nous nous sommes rassur\u00e9s sur l\u2019avenir ! Alors, voyez-vous, je ne sais pas trop ce qui s\u2019est pass\u00e9 en moi, non, vraiment, je ne sais pas !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Voil\u00e0 que je me suis remise \u00e0 r\u00eaver comme une petite pensionnaire. La vue des voiturettes de fleurs qu\u2019on tra\u00eene dans les rues me tirait des larmes. L\u2019odeur des violettes venait me chercher \u00e0 mon fauteuil, derri\u00e8re ma caisse, et me faisait battre le c\u0153ur ! Alors je me levais et je m\u2019en venais sur le pas de ma porte pour regarder le bleu du ciel entre les toits. Quand on regarde le ciel dans une rue, \u00e7a a l\u2019air d\u2019une rivi\u00e8re, d\u2019une longue rivi\u00e8re qui descend sur Paris en se tortillant ; et les hirondelles passent dedans comme des poissons. C\u2019est b\u00eate comme tout, ces choses-l\u00e0, \u00e0 mon \u00e2ge ! Que voulez-vous, Monsieur, quand on a travaill\u00e9 toute sa vie, il vient un moment o\u00f9 on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019on aurait pu faire autre chose, et, alors, on regrette, oh ! Oui, on regrette ! Songez donc que, pendant vingt ans, j\u2019aurais pu aller cueillir des baisers dans les bois, comme les autres, comme les autres femmes. Je songeais comme c\u2019est bon d\u2019\u00eatre couch\u00e9 sous les feuilles en aimant quelqu\u2019un ! Et j\u2019y pensais tous les jours, toutes les nuits ! Je r\u00eavais de clairs de lune sur l\u2019eau jusqu\u2019\u00e0 avoir envie de me noyer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je n\u2019osais pas parler de \u00e7a \u00e0 M. Beaurain dans les premiers temps. Je savais bien qu\u2019il se moquerait de moi et qu\u2019il me renverrait vendre mon fil et mes aiguilles ! Et puis, \u00e0 vrai dire, M. Beaurain ne me disait plus grand-chose ; mais en me regardant dans ma glace, je comprenais bien aussi que je ne disais plus rien \u00e0 personne, moi !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Donc, je me d\u00e9cidai et je lui proposai une partie de campagne au pays o\u00f9 nous nous \u00e9tions connus. Il accepta sans d\u00e9fiance et nous voici arriv\u00e9s, ce matin, vers les neuf heures.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Moi je me sentis toute retourn\u00e9e quand je suis entr\u00e9e dans les bl\u00e9s. \u00c7a ne vieillit pas, le c\u0153ur des femmes ! Et, vrai, je ne voyais plus mon mari tel qu\u2019il est, mais bien tel qu\u2019il \u00e9tait autrefois ! \u00c7a, je vous le jure, Monsieur. Vrai de vrai, j\u2019\u00e9tais grise. Je me mis \u00e0 l\u2019embrasser ; il en fut plus \u00e9tonn\u00e9 que si j\u2019avais voulu l\u2019assassiner. Il me r\u00e9p\u00e9tait : \u00ab Mais tu es folle. Mais tu es folle, ce matin. Qu\u2019est-ce qui te prend ?\u2026 \u00bb Je ne l\u2019\u00e9coutais pas, moi, je n\u2019\u00e9coutais que mon c\u0153ur. Et je le fis entrer dans le bois\u2026 Et voil\u00e0 !\u2026 J\u2019ai dit la v\u00e9rit\u00e9, Monsieur le maire, toute la v\u00e9rit\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le maire \u00e9tait un homme d\u2019esprit. Il se leva, sourit, et dit : \u00ab Allez en paix, Madame, et ne p\u00e9chez plus\u2026 sous les feuilles. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">FIN<\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Au bois \u00bb est une nouvelle de Guy de Maupassant, parue dans Gil Blas le 22 juin 1886. Un couple de vieillards est arr\u00eat\u00e9 par le garde champ\u00eatre dans des circonstances scandaleuses au c\u0153ur du bois de Champioux. Interrog\u00e9s par le maire, on d\u00e9couvre qu\u2019ils sont mari\u00e9s et tiennent une mercerie \u00e0 Paris. La situation d\u00e9concerte : pourquoi deux personnes \u00e2g\u00e9es, mari\u00e9es et respectables, s\u2019exposeraient-elles \u00e0 un tel affront en pleine campagne ?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":25320,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","footnotes":""},"categories":[826],"tags":[844,843,1456],"class_list":["post-25321","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles","tag-france-fr","tag-guy-de-maupassant-fr","tag-realiste","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":826,"label":"Nouvelles"}],"post_tag":[{"value":844,"label":"France"},{"value":843,"label":"Guy de Maupassant"},{"value":1456,"label":"R\u00e9aliste"}]},"featured_image_src_large":["https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Guy-de-Maupassant-En-el-bosque.webp",1024,1024,false],"author_info":{"display_name":"Juan Pablo Guevara","author_link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/author\/spartakku\/"},"comment_info":"","category_info":[{"term_id":826,"name":"Nouvelles","slug":"nouvelles","term_group":0,"term_taxonomy_id":826,"taxonomy":"category","description":"","parent":0,"count":72,"filter":"raw","cat_ID":826,"category_count":72,"category_description":"","cat_name":"Nouvelles","category_nicename":"nouvelles","category_parent":0}],"tag_info":[{"term_id":844,"name":"France","slug":"france-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":844,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":28,"filter":"raw"},{"term_id":843,"name":"Guy de Maupassant","slug":"guy-de-maupassant-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":843,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":19,"filter":"raw"},{"term_id":1456,"name":"R\u00e9aliste","slug":"realiste","term_group":0,"term_taxonomy_id":1456,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":17,"filter":"raw"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25321","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25321"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25321\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25320"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}