{"id":25366,"date":"2025-12-01T13:39:52","date_gmt":"2025-12-01T17:39:52","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=25366"},"modified":"2025-12-01T13:41:38","modified_gmt":"2025-12-01T17:41:38","slug":"h-p-lovecraft-le-festival","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/h-p-lovecraft-le-festival\/25366\/","title":{"rendered":"H. P. Lovecraft :\u00a0Le festival"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Synopsis :<\/strong> \u00ab Le festival \u00bb (The Festival) est une nouvelle inqui\u00e9tante de H.P. Lovecraft publi\u00e9e en janvier 1925 dans le magazine <em>Weird Tales<\/em>. La veille de No\u00ebl, un homme se rend dans l&rsquo;ancienne ville c\u00f4ti\u00e8re de Kingsport pour participer \u00e0 un rituel \u00e9nigmatique du solstice d&rsquo;hiver. Son but est de renouer avec les racines myst\u00e9rieuses de sa lign\u00e9e, qui remontent \u00e0 une \u00e9poque ant\u00e9rieure \u00e0 la colonisation de l&rsquo;Am\u00e9rique. Plong\u00e9 dans une atmosph\u00e8re de myst\u00e8re oppressant, le protagoniste d\u00e9couvre une ville de Kingsport transform\u00e9e, o\u00f9 les ombres du pass\u00e9 prennent vie et o\u00f9 les secrets de famille s&rsquo;entrem\u00ealent \u00e0 d&rsquo;anciennes horreurs.<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-df3cb303\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/H.-P.-Lovecraft-La-festividad.webp\" alt=\"H. P. Lovecraft :\u00a0Le festival\" class=\"wp-image-23955\" srcset=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/H.-P.-Lovecraft-La-festividad.webp 1024w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/H.-P.-Lovecraft-La-festividad-300x300.webp 300w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/H.-P.-Lovecraft-La-festividad-150x150.webp 150w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/H.-P.-Lovecraft-La-festividad-768x768.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Le festival<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">H. P. Lovecraft<br>(Nouvelle compl\u00e8te)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:15px\"><em>\u00ab&nbsp;Efficiunt Daemones, ut quae non sunt, sic tamen quasi sint,<br>conspicienda hominibus exhibeant.<\/em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00bb<br>LACTANCE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:15px\">(Les d\u00e9mons ont la capacit\u00e9 de susciter \u00e0 la vue des hommes <br>des choses qui n\u2019existent pas, comme si elles \u00e9taient r\u00e9elles.)<\/p>\n\n\n\n<p><br><br>J\u2019\u00e9tais loin de chez moi, et le charme de la mer orientale m\u2019envo\u00fbtait. Dans le cr\u00e9puscule, je l\u2019entendais battre les rochers, et je savais qu\u2019elle s\u2019\u00e9tendait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la colline, o\u00f9 les saules noueux se tordaient contre le ciel et les premi\u00e8res \u00e9toiles du soir. Parce que mes p\u00e8res m\u2019avaient appel\u00e9 dans l\u2019ancienne ville, je continuais ma route \u00e0 travers la neige fra\u00eeche et profonde, route qui s\u2019\u00e9levait solitaire vers l\u2019endroit o\u00f9 Ald\u00e9baran clignotait parmi les arbres. Je poursuivais mon chemin vers la ville tr\u00e8s ancienne, que je n\u2019avais jamais vue mais dont j\u2019avais souvent r\u00eav\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque de Yuletide, que les hommes appellent No\u00ebl, en sachant au fond de leur c\u0153ur que cette f\u00eate est plus ancienne que Bethl\u00e9em et Babylone, plus ancienne que Memphis et que l\u2019humanit\u00e9. C\u2019\u00e9tait Yuletide, et j\u2019\u00e9tais enfin arriv\u00e9 devant l\u2019ancienne ville du bord de mer, que mes anc\u00eatres avaient habit\u00e9e et o\u00f9 ils avaient c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le festival \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 c\u2019\u00e9tait interdit. O\u00f9 ils avaient recommand\u00e9 \u00e0 leurs fils de c\u00e9l\u00e9brer le festival une fois par si\u00e8cle, pour que le souvenir des secrets antiques ne se perd\u00eet pas. Les miens venaient d\u2019un vieux peuple, vieux d\u00e9j\u00e0 quand ce pays fut colonis\u00e9, il y a trois cents ans. Et ils \u00e9taient \u00e9tranges, car ils \u00e9taient venus, peuple sombre et furtif, de jardins opiac\u00e9s pleins d\u2019orchid\u00e9es. Ils parlaient une autre langue avant d\u2019apprendre celle des p\u00eacheurs aux yeux bleus. Maintenant, ils \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s et c\u00e9l\u00e9braient des rites myst\u00e9rieux que personne d\u2019autre ne comprenait.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais le seul cette nuit-l\u00e0 \u00e0 revenir dans la vieille ville de p\u00eacheurs, ainsi que l\u2019ordonnait la coutume. Car seuls les pauvres et les solitaires se souviennent.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la colline, je vis Kingsport qui s\u2019\u00e9tendait dans les frimas, Kingsport sous la neige, avec ses anciennes girouettes, ses clochers, ses poutres de fa\u00eete et ses chemin\u00e9es, ses quais et ses petits ponts, ses saules et ses cimeti\u00e8res. Ses labyrinthes interminables de rues escarp\u00e9es, \u00e9troites, sinueuses, son pic vertigineux domin\u00e9 par l\u2019\u00e9glise, que le temps n\u2019ose alt\u00e9rer, et ses d\u00e9dales sans fin de maisons coloniales, entass\u00e9es et \u00e9parpill\u00e9es \u00e0 tous les niveaux comme un jeu de cubes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps planait de ses ailes grises sur les pignons blancs de neige, les toits, les vasistas et les fen\u00eatres \u00e0 petits carreaux qui \u00e9taient comme des lueurs au fond du cr\u00e9puscule glac\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et la mer se jetait sur les quais pourris, la mer secr\u00e8te, imm\u00e9moriale, d\u2019o\u00f9 le peuple \u00e9tait venu jadis.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la route, au sommet de la colline, un autre sommet s\u2019\u00e9levait, balay\u00e9 par le vent, et je vis que c\u2019\u00e9tait un cimeti\u00e8re o\u00f9 les pierres tombales se dressaient dans la neige comme les ongles d\u00e9compos\u00e9s d\u2019un cadavre gigantesque. La route, sans empreintes, \u00e9tait tr\u00e8s solitaire, et parfois il me semblait entendre dans le lointain un grincement horrible, tel celui d\u2019un gibet dans le vent. On avait pendu quatre membres de ma famille en 1692, mais je ne savais pas exactement \u00e0 quel endroit&nbsp;; ils s\u2019\u00e9taient rendus coupables de sorcellerie. La route serpentait en descendant la pente qui menait \u00e0 la mer. Je tendis l\u2019oreille pour entendre les bruits joyeux d\u2019un village dans le soir, mais aucun son ne me parvint. Je me dis que ce vieux peuple puritain pouvait avoir des coutumes de No\u00ebl particuli\u00e8res, et qu\u2019il priait peut-\u00eatre silencieusement au coin du feu. C\u2019est pourquoi je ne cherchai plus \u00e0 entendre des \u00e9chos de r\u00e9jouissances. Je continuai mon chemin, d\u00e9passant les fermes aux lumi\u00e8res voil\u00e9es, les murs de pierre, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 les enseignes des vieilles boutiques et des tavernes grin\u00e7aient dans la brise sal\u00e9e, et o\u00f9 les marteaux des entr\u00e9es \u00e0 colonnes luisaient le long des ruelles d\u00e9sertes. J\u2019avais vu des plans de la ville, et je savais o\u00f9 trouver la demeure de ma famille. On m\u2019avait dit que l\u2019on me reconna\u00eetrait et que l\u2019on me souhaiterait la bienvenue, car la l\u00e9gende a la m\u00e9moire longue. C\u2019est pourquoi je me h\u00e2tais, dans Bock Street et jusqu\u2019\u00e0 Circle Court, sur la neige fra\u00eeche du dallage de pierre de la ville, l\u00e0 o\u00f9 Green Lane rejoint Mark House. Les vieilles cartes \u00e9taient encore bonnes, et je n\u2019eus aucune difficult\u00e9, quoique \u00e0 Arkham ils aient d\u00fb mentir en disant que les trolleybus allaient jusque-l\u00e0. Car je ne vis aucun c\u00e2ble au-dessus de ma t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Je fus heureux d\u2019avoir choisi de marcher, car, vu de la colline, le village blanc m\u2019avait paru magnifique, et maintenant j\u2019\u00e9tais impatient de frapper \u00e0 la porte de ceux de mon peuple, la septi\u00e8me maison \u00e0 gauche dans Green Lane, avec son vieux toit pointu et ses deux \u00e9tages construits avant 1650.<\/p>\n\n\n\n<p>En arrivant, je vis qu\u2019il y avait de la lumi\u00e8re \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. \u00c0 voir ses vitres en losange, je jugeai que la maison n\u2019avait pas beaucoup chang\u00e9 depuis sa construction. La partie sup\u00e9rieure surplombait la rue \u00e9troite, envahie par l\u2019herbe, et touchait presque le haut de la maison d\u2019en face, si bien que je me trouvais dans une sorte de tunnel. Il n\u2019y avait pas de trottoir, mais beaucoup de maisons avaient des portes sur\u00e9lev\u00e9es que l\u2019on atteignait par un double escalier \u00e0 rampe de fer. Le paysage \u00e9tait curieux. Il me plaisait, mais j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 voir des empreintes dans la neige, des gens dans les rues et des fen\u00eatres aux rideaux non tir\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Tandis que je frappais \u00e0 la porte avec l\u2019archa\u00efque marteau de fer, j\u2019avais un peu peur. Une crainte s\u2019\u00e9tait gliss\u00e9e en moi, peut-\u00eatre due \u00e0 l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de mon pass\u00e9, \u00e0 la tristesse du soir et au silence bizarre de cette vieille ville aux coutumes insolites. Lorsqu\u2019on r\u00e9pondit \u00e0 mes coups, la crainte s\u2019empara de moi, car je n\u2019avais entendu aucun pas avant que la porte ne s\u2019ouvr\u00eet en grin\u00e7ant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieil homme en chemise de nuit et en pantoufles qui se tenait dans l\u2019entr\u00e9e avait un visage inexpressif qui me rassura. Il me f\u00eet comprendre par signes qu\u2019il \u00e9tait muet. Il \u00e9crivit un message de bienvenue ancien, avec un stylet, sur la tablette de cire qu\u2019il portait.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me f\u00eet signe d\u2019entrer dans une pi\u00e8ce basse \u00e9clair\u00e9e aux bougies, aux chevrons apparents, o\u00f9 se trouvaient quelques meubles massifs et sombres du&nbsp;XVIIe&nbsp;si\u00e8cle. Le pass\u00e9 \u00e9tait ici vivace. Il y avait un \u00e2tre monumental et un rouet sur lequel une vieille femme en ch\u00e2le et bonnet \u00e9tait pench\u00e9e, filant silencieusement. Une vague humidit\u00e9 planait sur cet endroit, et je m\u2019\u00e9tonnai de l\u2019absence de feu. Le banc \u00e0 haut dossier faisait face \u00e0 la rang\u00e9e de fen\u00eatres aux rideaux tir\u00e9s, et semblait \u00eatre occup\u00e9, bien que je n\u2019en fusse pas s\u00fbr. Je n\u2019aimais gu\u00e8re ce que je voyais, et de nouveau j\u2019eus peur. Cette peur \u00e9tait accrue par l\u2019expression des visages de mes h\u00f4tes. Leurs yeux ne bougeaient pas, et leur peau ressemblait trop \u00e0 la cire. Je fus bient\u00f4t s\u00fbr que ce n\u2019\u00e9tait pas un visage, mais un masque habile. Cependant les mains flasques et gant\u00e9es de l\u2019homme \u00e9crivirent quelques mots sur la tablette&nbsp;: il me fallait attendre un instant avant qu\u2019on me conduise au lieu du festival. D\u00e9signant une chaise, une table et une pile de livres, le vieil homme quitta la pi\u00e8ce, et quand je m\u2019assis pour lire, je vis que ces livres, vieux et moisis, comprenaient le terrible&nbsp;<em>Merveilles de la science<\/em>, du vieux Morryster, le redoutable&nbsp;<em>Saducismus Triumphatus<\/em>, de Joseph Glanvill, publi\u00e9 en 1681, le terrifiant&nbsp;<em>Daemonolatreia<\/em>, de Remigius, imprim\u00e9 en 1595 \u00e0 Lyon, et, pis encore, l\u2019innommable&nbsp;<em>Necronomicon<\/em>, livre que je n\u2019avais jamais lu, mais dont j\u2019avais entendu dire des choses monstrueuses. Personne ne me parlait, mais j\u2019entendais le grincement des enseignes dans le vent, au-dehors, et le chuintement du rouet pendant que la vieille femme en bonnet continuait en silence \u00e0 filer, \u00e0 filer\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je trouvai la pi\u00e8ce, les livres et les gens sinistres et inqui\u00e9tants, mais comme la vieille tradition de mes anc\u00eatres m\u2019avait convi\u00e9 \u00e0 d\u2019\u00e9tranges c\u00e9l\u00e9brations, je d\u00e9cidai de m\u2019attendre \u00e0 des choses bizarres. J\u2019essayai donc de lire et je fus bient\u00f4t absorb\u00e9 par quelque chose que je d\u00e9couvris dans ce maudit&nbsp;<em>Necronomicon.<\/em>&nbsp;Une pens\u00e9e et une l\u00e9gende trop horribles pour une conscience et un esprit sains, quand, soudain, je crus entendre l\u2019une des fen\u00eatres de la pi\u00e8ce se refermer, comme si elle avait \u00e9t\u00e9 furtivement ouverte. Cela sembla se produire apr\u00e8s un frottement qui ne venait pas du rouet de la vieille femme. L\u2019antique pendule avait sonn\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0. Apr\u00e8s quoi, je perdis la sensation qu\u2019il y avait quelqu\u2019un sur le banc, et je lisais avec intensit\u00e9 et frayeur, lorsque le vieil homme revint, bott\u00e9 et v\u00eatu d\u2019un ample costume ancien. Il s\u2019assit sur le banc, si bien que je ne pouvais le voir. L\u2019attente fut tr\u00e8s \u00e9prouvante pour mes nerfs, et le livre blasph\u00e9matoire que j\u2019avais entre les mains l\u2019aggravait. Lorsque onze heures sonn\u00e8rent, cependant, le vieil homme se leva, se glissa jusqu\u2019\u00e0 une \u00e9norme commode sculpt\u00e9e et en sortit deux capes \u00e0 capuchon. Il s\u2019enveloppa dans l\u2019une et drapa l\u2019autre autour de la vieille, qui avait cess\u00e9 son travail monotone. Puis ils se dirig\u00e8rent ensemble vers la porte. La femme boitait, et le vieil homme, apr\u00e8s avoir ramass\u00e9 le&nbsp;<em>Necronomicon<\/em>, m\u2019enjoignit de les suivre, en rabattant son capuchon sur son visage \u2013 ou son masque impassible.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Nous sort\u00eemes dans le r\u00e9seau tortueux, sans lune, de cette ville incroyablement vieille&nbsp;; les lumi\u00e8res derri\u00e8re les fen\u00eatres aux rideaux tir\u00e9s disparaissaient l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, et l\u2019\u00e9toile du Chien lorgnait d\u2019une fa\u00e7on mena\u00e7ante cette multitude de silhouettes drap\u00e9es et encapuchonn\u00e9es qui sortaient des maisons pour former une procession monstrueuse. Elle suivait les ruelles dangereuses o\u00f9 les maisons d\u00e9labr\u00e9es tombaient en ruine, l\u2019une sur l\u2019autre. Elle glissa dans des cours et des cimeti\u00e8res o\u00f9 les lanternes agit\u00e9es formaient des constellations ivres.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi cette foule silencieuse, je suivais mes guides muets, bouscul\u00e9 par des coudes qui semblaient surnaturellement mous, et press\u00e9 par des poitrines et des corps qui semblaient anormalement flasques. Mais je ne vis aucun visage et n\u2019entendis aucun mot.<\/p>\n\n\n\n<p>Je remarquai que tous les p\u00e8lerins convergeaient en un point o\u00f9 se rejoignaient toutes les all\u00e9es, au sommet d\u2019une hauteur, au centre de la ville, surplomb\u00e9e par une grande \u00e9glise blanche. Je l\u2019avais vue de la route, au cr\u00e9puscule, et elle m\u2019avait fait frissonner, car Ald\u00e9baran m\u2019avait sembl\u00e9 se balancer au-dessus du clocher fantomatique. L\u2019\u00e9glise \u00e9tait entour\u00e9e d\u2019un espace d\u00e9couvert. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, des tombes spectrales. De l\u2019autre, un square pav\u00e9, d\u2019o\u00f9 le vent avait balay\u00e9 la neige, et o\u00f9 s\u2019alignaient des maisons archa\u00efques \u00e0 l\u2019aspect inqui\u00e9tant.<\/p>\n\n\n\n<p>Des feux follets dansaient sur les tombes, r\u00e9v\u00e9lant des paysages affreux&nbsp;; mais, curieusement, ils ne produisaient pas d\u2019ombres. Apr\u00e8s le cimeti\u00e8re, il n\u2019y avait plus de maisons, et je pouvais apercevoir le sommet de la colline et le scintillement des \u00e9toiles sur le port, bien que la ville f\u00fbt invisible dans la nuit. Une fois seulement, une lanterne s\u2019agita horriblement dans les ruelles tortueuses en rattrapant la foule qui s\u2019engouffrait maintenant silencieusement dans l\u2019\u00e9glise. J\u2019attendis que le groupe e\u00fbt disparu dans l\u2019entr\u00e9e noire, et que les tra\u00eenards fussent pass\u00e9s. Le vieil homme me tirait par la manche, mais je r\u00e9solus d\u2019\u00eatre le dernier \u00e0 entrer. Franchissant le seuil et p\u00e9n\u00e9trant dans le temple plein et t\u00e9n\u00e9breux, je me retournai pour regarder encore une fois le monde ext\u00e9rieur, tandis que la phosphorescence du cimeti\u00e8re donnait un reflet naus\u00e9eux au dallage du sommet de la colline.<\/p>\n\n\n\n<p>Je frissonnai, car si le vent n\u2019avait pas laiss\u00e9 beaucoup de neige, il en restait quelques plaques sur le chemin qui menait \u00e0 la porte, et mon rapide coup d\u2019\u0153il r\u00e9v\u00e9la \u00e0 mes yeux troubl\u00e9s qu\u2019elles ne portaient aucune empreinte de pied, pas m\u00eame les miennes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9glise \u00e9tait \u00e0 peine \u00e9clair\u00e9e par les lanternes, car la plus grande partie de la foule avait d\u00e9j\u00e0 disparu. Elle s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9e le long de l\u2019aile, entre les bancs, jusqu\u2019\u00e0 la trappe menant aux caveaux, qui b\u00e9ait d\u2019une fa\u00e7on \u00e9pouvantable juste devant la chaire. Elle s\u2019y engouffrait sans bruit. Je descendis docilement les marches us\u00e9es, et me retrouvai dans la crypte sombre et suffocante. L\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de cette procession sinueuse de promeneurs nocturnes paraissait vraiment horrible, et en les voyant se glisser dans une v\u00e9n\u00e9rable tombe, je leur trouvai l\u2019air plus horrible encore. Puis je remarquai que le fond de la tombe comportait une ouverture par laquelle la foule se glissait. L\u2019instant d\u2019apr\u00e8s, nous \u00e9tions tous en train de descendre un escalier de pierre, mal taill\u00e9, un escalier en spirale, \u00e9troit, humide, \u00e0 l\u2019odeur particuli\u00e8rement forte, et qui s\u2019enfon\u00e7ait en tournant sans fin dans les entrailles de la colline, passant devant des murs monotones de pierre suintante. Ce fut une descente effrayante. Je remarquai au bout d\u2019un moment que les murs et les marches changeaient de nature, comme s\u2019ils \u00e9taient taill\u00e9s dans le roc. Ce qui me troublait le plus, c\u2019\u00e9tait que cette myriade de pas ne faisait aucun bruit et ne suscitait aucun \u00e9cho. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de cette descente, je vis des passages ou des terriers lat\u00e9raux qui, venus des profondeurs de t\u00e9n\u00e8bres inconnues, aboutissaient \u00e0 ce puits de myst\u00e8re nocturne. Ils devinrent bient\u00f4t tr\u00e8s nombreux, comme des catacombes sacril\u00e8ges charg\u00e9es d\u2019une menace sans nom, et leur forte odeur de d\u00e9composition devint vite insoutenable. Je savais que nous devions avoir travers\u00e9 la montagne et nous trouver sous le sol m\u00eame de Kingsport, et je frissonnai \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une ville aussi \u00e2g\u00e9e et aussi rong\u00e9e par cette vermine souterraine.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis je vis la lueur tremblotante d\u2019une lumi\u00e8re p\u00e2le, et j\u2019entendis le clapotis insidieux d\u2019eaux t\u00e9n\u00e9breuses. Je frissonnai de nouveau, car les \u00e9v\u00e9nements de cette nuit ne me plaisaient gu\u00e8re. J\u2019eusse souhait\u00e9 n\u2019avoir jamais \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par mes anc\u00eatres \u00e0 participer \u00e0 ce rite primitif. Comme les marches et le passage s\u2019\u00e9largissaient, j\u2019entendis un autre son, comme d\u2019une fl\u00fbte faible et plaintive, et soudain s\u2019\u00e9tendit devant moi le spectacle sans bornes d\u2019un monde souterrain \u2013 un rivage vaste et fangeux, couvert de champignons, \u00e9clair\u00e9 par une colonne qui vomissait des flammes verd\u00e2tres et malsaines, baign\u00e9 par un large fleuve huileux issu des abysses terrifiants et insoup\u00e7onn\u00e9s pour se joindre aux golfes les plus noirs de l\u2019oc\u00e9an imm\u00e9morial.<\/p>\n\n\n\n<p>Oppress\u00e9 et haletant, je contemplai cette surface maudite de champignons titanesques, de l\u00e8pre enflamm\u00e9e et d\u2019eau fangeuse, et vis que les formes envelopp\u00e9es de capes formaient un demi-cercle autour de la colonne flamboyante. C\u2019\u00e9tait le rite de Yuletide, plus ancien que l\u2019homme et destin\u00e9 \u00e0 lui survivre, le rite primitif du solstice et de la promesse de la venue du printemps apr\u00e8s les neiges, le rite du feu et des arbres toujours verts, de la lumi\u00e8re et de la musique. Et dans la caverne stygienne, je les vis accomplir le rite, adorer la colonne ardente, et jeter dans l\u2019eau des poign\u00e9es de v\u00e9g\u00e9tation visqueuse qui \u00e9mettaient des reflets verd\u00e2tres dans l\u2019\u00e9clat chlorotique. Je vis cela, et je vis quelque chose d\u2019amorphe, accroupi \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la lumi\u00e8re, qui soufflait avec bruit dans une fl\u00fbte, et tandis que la chose soufflait ainsi, il me sembla entendre des battements d\u2019ailes \u00e9touff\u00e9s dans l\u2019obscurit\u00e9 f\u00e9tide o\u00f9 je ne pouvais rien distinguer. Mais ce qui m\u2019effraya le plus, ce fut cette colonne ardente, jaillie volcaniquement des profondeurs insondables, ne formant aucune ombre, au contraire des flammes ordinaires, et recouvrant la pierre nitreuse d\u2019un vert-de-gris empoisonn\u00e9. De cette combustion n\u2019\u00e9manait aucune chaleur, mais bien la viscosit\u00e9 de la mort ou de la d\u00e9composition.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme qui m\u2019avait amen\u00e9 se tortillait maintenant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la flamme surnaturelle. Il fit des gestes c\u00e9r\u00e9monieux \u00e0 l\u2019adresse du demi-cercle qui lui faisait face. \u00c0 un certain moment, il se prosterna en adoration, tenant au-dessus de sa t\u00eate cet abominable&nbsp;<em>Necronomicon<\/em>&nbsp;qu\u2019il avait apport\u00e9 avec lui. Et je me prosternai \u00e9galement, car les \u00e9crits de mes anc\u00eatres m\u2019avaient ordonn\u00e9 de me rendre \u00e0 ce c\u00e9r\u00e9monial. Puis le vieil homme fit un signe au joueur de fl\u00fbte \u00e0 demi visible dans l\u2019ombre, qui changea sa faible musique en une m\u00e9lodie \u00e0 peine plus forte, dans un autre ton, provoquant, ce faisant, une horreur aussi inimaginable qu\u2019inattendue. \u00c0 cette vue, je m\u2019\u00e9croulai presque sur le sol couvert de lichen, transperc\u00e9 d\u2019une \u00e9pouvante qui n\u2019\u00e9tait pas de ce monde et qui ne pouvait venir que des espaces insens\u00e9s entre les \u00e9toiles. Venue des t\u00e9n\u00e8bres inimaginables, d\u2019au-del\u00e0 la lueur gangreneuse de la flamme, venue du fin fond du Tartare, que ce fleuve huileux traversait, arriva une horde de choses ail\u00e9es, apprivois\u00e9es et hybrides, qu\u2019un \u0153il et un cerveau sains auraient peine \u00e0 imaginer. Ce n\u2019\u00e9taient ni compl\u00e8tement des corneilles, ni des taupes, ni des vautours, ni des fourmis, ni des vampires, ni des \u00eatres humains en d\u00e9composition. Mais quelque chose dont je ne peux ni ne dois me souvenir. \u00ab&nbsp;Ils&nbsp;\u00bb s\u2019avan\u00e7aient en boitant, moiti\u00e9 avec leurs pieds palm\u00e9s, moiti\u00e9 avec leurs ailes membraneuses. Quand ils atteignirent la foule des officiants, les silhouettes encapuchonn\u00e9es les enfourch\u00e8rent et s\u2019\u00e9loign\u00e8rent une par une, le long de ce fleuve non \u00e9clair\u00e9, dans des gouffres et des galeries de panique o\u00f9 des sources de poison alimentent d\u2019\u00e9pouvantables cataractes.<\/p>\n\n\n\n<p>La vieille femme \u00e9tait partie avec la foule, et le vieil homme n\u2019\u00e9tait rest\u00e9 que parce que j\u2019avais refus\u00e9 de saisir un animal et de l\u2019enfourcher, comme les autres, quand il me l\u2019avait ordonn\u00e9. Quand je me remis debout, je vis que le joueur de fl\u00fbte amorphe avait disparu, mais que deux des monstres attendaient patiemment. Comme je refusais d\u2019avancer, le vieil homme sortit son stylet et sa tablette, et \u00e9crivit qu\u2019il \u00e9tait le v\u00e9ritable envoy\u00e9 de mes anc\u00eatres qui avaient fond\u00e9 le culte de Yule en cet endroit ancien. Il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que je reviendrais, et que les myst\u00e8res les plus secrets devraient s\u2019accomplir. Il \u00e9crivit tout cela en lettres anciennes, et comme j\u2019h\u00e9sitais encore, il tira de dessous son v\u00eatement un sceau et une montre, tous deux aux armes de ma famille, pour prouver qui il \u00e9tait. Or, cette preuve \u00e9tait horrible, car je savais d\u2019apr\u00e8s de vieux documents que cette montre avait \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9e avec l\u2019un de mes a\u00efeux, en 1698. Le vieil homme retira alors son capuchon et me f\u00eet remarquer sa ressemblance avec ma famille, mais je ne pus que frissonner, car j\u2019\u00e9tais s\u00fbr que ce visage n\u2019\u00e9tait qu\u2019un masque de cire diabolique. Les animaux \u00e9taient en train de gratter les lichens, et je vis que le vieil homme \u00e9tait presque aussi nerveux qu\u2019eux. Quand l\u2019une des choses se mit \u00e0 se dandiner pour s\u2019\u00e9loigner, il se tourna vivement pour l\u2019arr\u00eater, si vivement que ce mouvement d\u00e9pla\u00e7a le masque de cire de ce qui avait d\u00fb \u00eatre sa t\u00eate. Et alors, comme cette chose de cauchemar me barrait le chemin de l\u2019escalier de pierre par lequel j\u2019\u00e9tais descendu, je me jetai dans le fleuve huileux qui coulait en bouillonnant vers la mer, je me jetai dans ce jus putride de la terre, avant que mes hurlements de d\u00e9lire n\u2019eussent attir\u00e9 sur moi les l\u00e9gions des charniers de ces profondeurs pestilentielles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019h\u00f4pital, on me dit qu\u2019on m\u2019avait trouv\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9 gel\u00e9 \u00e0 l\u2019aube dans le port de Kingsport, cramponn\u00e9 \u00e0 un bout de m\u00e2t que le hasard avait heureusement plac\u00e9 sur mon chemin. On me dit que j\u2019avais pris la mauvaise direction sur la route de la colline la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, et que j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9 de la falaise \u00e0 Orange Point.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne pouvais rien dire, puisque tout \u00e9tait faux. Tout \u00e9tait faux&nbsp;: les larges fen\u00eatres s\u2019ouvrant sur une mer de toits, dont seulement un sur cinq \u00e9tait ancien, et le bruit des trolleys et des voitures dans les rues. Ils me r\u00e9p\u00e9t\u00e8rent avec insistance que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 Kingsport et je ne pouvais le nier. Je d\u00e9lirai en entendant que l\u2019h\u00f4pital \u00e9tait situ\u00e9 pr\u00e8s du vieux cimeti\u00e8re. Ils m\u2019envoy\u00e8rent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sainte-Marie \u00e0 Arkham, o\u00f9 l\u2019on pouvait me soigner mieux. Je m\u2019y trouvai bien, car les docteurs \u00e9taient larges d\u2019esprit. Ils us\u00e8rent de leur influence pour m\u2019obtenir un exemplaire du rare&nbsp;<em>Necronomicon<\/em>, \u00e0 la biblioth\u00e8que de l\u2019universit\u00e9 Miskatonic. Ils parl\u00e8rent d\u2019une \u00ab&nbsp;psychose&nbsp;\u00bb, et je convins qu\u2019il valait mieux me d\u00e9barrasser l\u2019esprit de mes obsessions.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lus ce chapitre \u00e9pouvantable, et je frissonnai doublement, car en v\u00e9rit\u00e9, il n\u2019\u00e9tait pas nouveau pour moi. Je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 lu, quoi qu\u2019en disent les empreintes, et il valait mieux que j\u2019oublie o\u00f9 je l\u2019avais vu. Mes r\u00eaves sont remplis de terreur \u00e0 cause de phrases que je n\u2019ose pas citer. Je ne citerai qu\u2019un seul passage, traduit de mon mieux en anglais \u00e0 partir du bas latin&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les cavernes les plus profondes, \u00e9crivait l\u2019Arabe fou, l\u2019auteur du&nbsp;<em>Necronomicon<\/em>, ne peuvent pas \u00eatre aper\u00e7ues par les yeux qui voient, car elles rec\u00e8lent d\u2019\u00e9tranges et terrifiantes merveilles. Maudite soit la terre o\u00f9 les pens\u00e9es mortes revivent sous des formes \u00e9tranges, et damn\u00e9 soit l\u2019esprit que ne contient aucun cerveau. Ibn Schacabao a dit, tr\u00e8s justement, que heureuse est la tombe o\u00f9 n\u2019a repos\u00e9 aucun sorcier, que heureuse est la ville dont les sorciers ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits en cendres. Car il est notoire que l\u2019\u00e2me de celui qui a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 par le diable ne sort pas de son charnier d\u2019argile mais nourrit et instruit&nbsp;<em>le ver qui ronge<\/em>, jusqu\u2019\u00e0 ce que de la d\u00e9composition jaillisse la vie, et que les n\u00e9crophages de la terre croissent et deviennent assez puissants pour la tourmenter, et s\u2019enflent monstrueusement pour la d\u00e9vaster. De grands trous sont creus\u00e9s en secret l\u00e0 o\u00f9 les pores de la terre devraient suffire, et les choses qui devraient ramper ont appris \u00e0 marcher.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">FIN<\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Le festival \u00bb (The Festival) est une nouvelle inqui\u00e9tante de H.P. Lovecraft publi\u00e9e en janvier 1925 dans le magazine Weird Tales. La veille de No\u00ebl, un homme se rend dans l&rsquo;ancienne ville c\u00f4ti\u00e8re de Kingsport pour participer \u00e0 un rituel \u00e9nigmatique du solstice d&rsquo;hiver. Son but est de renouer avec les racines myst\u00e9rieuses de sa lign\u00e9e, qui remontent \u00e0 une \u00e9poque ant\u00e9rieure \u00e0 la colonisation de l&rsquo;Am\u00e9rique. Plong\u00e9 dans une atmosph\u00e8re de myst\u00e8re oppressant, le protagoniste d\u00e9couvre une ville de Kingsport transform\u00e9e, o\u00f9 les ombres du pass\u00e9 prennent vie et o\u00f9 les secrets de famille s&rsquo;entrem\u00ealent \u00e0 d&rsquo;anciennes horreurs.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":23955,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","footnotes":""},"categories":[826],"tags":[837,855,933,901,834,887,1489],"class_list":["post-25366","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles","tag-etats-unis","tag-fantastique","tag-h-p-lovecraft-fr","tag-halloween-fr","tag-horreur","tag-mythe-de-cthulhu","tag-noel","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":826,"label":"Nouvelles"}],"post_tag":[{"value":837,"label":"\u00c9tats-Unis"},{"value":855,"label":"Fantastique"},{"value":933,"label":"H. P. Lovecraft"},{"value":901,"label":"Halloween"},{"value":834,"label":"Horreur"},{"value":887,"label":"Mythe de Cthulhu"},{"value":1489,"label":"No\u00ebl"}]},"featured_image_src_large":["https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/H.-P.-Lovecraft-La-festividad.webp",1024,1024,false],"author_info":{"display_name":"Juan Pablo Guevara","author_link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/author\/spartakku\/"},"comment_info":"","category_info":[{"term_id":826,"name":"Nouvelles","slug":"nouvelles","term_group":0,"term_taxonomy_id":826,"taxonomy":"category","description":"","parent":0,"count":72,"filter":"raw","cat_ID":826,"category_count":72,"category_description":"","cat_name":"Nouvelles","category_nicename":"nouvelles","category_parent":0}],"tag_info":[{"term_id":837,"name":"\u00c9tats-Unis","slug":"etats-unis","term_group":0,"term_taxonomy_id":837,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":51,"filter":"raw"},{"term_id":855,"name":"Fantastique","slug":"fantastique","term_group":0,"term_taxonomy_id":855,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":20,"filter":"raw"},{"term_id":933,"name":"H. P. Lovecraft","slug":"h-p-lovecraft-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":933,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":4,"filter":"raw"},{"term_id":901,"name":"Halloween","slug":"halloween-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":901,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":7,"filter":"raw"},{"term_id":834,"name":"Horreur","slug":"horreur","term_group":0,"term_taxonomy_id":834,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":22,"filter":"raw"},{"term_id":887,"name":"Mythe de Cthulhu","slug":"mythe-de-cthulhu","term_group":0,"term_taxonomy_id":887,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":3,"filter":"raw"},{"term_id":1489,"name":"No\u00ebl","slug":"noel","term_group":0,"term_taxonomy_id":1489,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":4,"filter":"raw"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25366"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25366\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23955"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}