{"id":26081,"date":"2026-02-01T20:20:12","date_gmt":"2026-02-02T00:20:12","guid":{"rendered":"https:\/\/lecturia.org\/?p=26081"},"modified":"2026-02-01T20:20:13","modified_gmt":"2026-02-02T00:20:13","slug":"guy-de-maupassant-la-folle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/nouvelles\/guy-de-maupassant-la-folle\/26081\/","title":{"rendered":"Guy de Maupassant : La folle"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Synopsis :<\/strong> \u00ab La folle \u00bb est une nouvelle de Guy de Maupassant, publi\u00e9e le 5 d\u00e9cembre 1882 dans le journal <em>Le Gaulois<\/em>. L&rsquo;histoire pr\u00e9sente une femme qui, apr\u00e8s avoir perdu en peu de temps son p\u00e8re, son mari et son nouveau-n\u00e9, sombre dans un \u00e9tat de prostration et de mutisme absolu. Pendant quinze ans, elle reste immobile dans son lit, soign\u00e9e par une vieille servante, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la guerre franco-prussienne atteigne son village et qu&rsquo;un officier ennemi, irrit\u00e9 par son apparente indiff\u00e9rence, interpr\u00e8te sa maladie comme un geste de r\u00e9sistance et d&rsquo;arrogance.<\/p>\n\n\n<div class=\"gb-container gb-container-6f6dfe3b\">\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Guy-de-Maupassant-La-loca.webp\" alt=\"Guy de Maupassant : La folle\" class=\"wp-image-26080\" srcset=\"https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Guy-de-Maupassant-La-loca.webp 1024w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Guy-de-Maupassant-La-loca-300x300.webp 300w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Guy-de-Maupassant-La-loca-150x150.webp 150w, https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Guy-de-Maupassant-La-loca-768x768.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">La folle<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Guy de Maupassant<br>(Nouvelle compl\u00e8te)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:16px\"><em>\u00c0 Robert de Bonni\u00e8res<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Tenez, dit M. Mathieu d\u2019Endolin, les b\u00e9casses me rappellent une bien sinistre anecdote de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous connaissez ma propri\u00e9t\u00e9 dans le faubourg de Cormeil. Je l\u2019habitais au moment de l\u2019arriv\u00e9e des Prussiens.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais alors pour voisine une esp\u00e8ce de folle, dont l\u2019esprit s\u2019\u00e9tait \u00e9gar\u00e9 sous les coups du malheur. Jadis, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt-cinq ans, elle avait perdu, en un seul mois, son p\u00e8re, son mari et son enfant nouveau-n\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand la mort est entr\u00e9e une fois dans une maison, elle y revient presque toujours imm\u00e9diatement, comme si elle connaissait la porte.<\/p>\n\n\n\n<p>La pauvre jeune femme, foudroy\u00e9e par le chagrin, prit le lit, d\u00e9lira pendant six semaines. Puis, une sorte de lassitude calme succ\u00e9dant \u00e0 cette crise violente, elle resta sans mouvement, mangeant \u00e0 peine, remuant seulement les yeux. Chaque fois qu\u2019on voulait la faire lever, elle criait comme si on l\u2019e\u00fbt tu\u00e9e. On la laissa donc toujours couch\u00e9e, ne la tirant de ses draps que pour les soins de sa toilette et pour retourner ses matelas.<\/p>\n\n\n\n<p>Une vieille bonne restait pr\u00e8s d\u2019elle, la faisant boire de temps en temps ou m\u00e2cher un peu de viande froide. Que se passait-il dans cette \u00e2me d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e&nbsp;? On ne le sut jamais&nbsp;; car elle ne parla plus. Songeait-elle aux morts&nbsp;? R\u00eavassait-elle tristement, sans souvenir pr\u00e9cis&nbsp;? Ou bien&nbsp;sa pens\u00e9e an\u00e9antie restait-elle immobile comme de l\u2019eau sans courant&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant quinze ann\u00e9es, elle demeura ainsi ferm\u00e9e et inerte.<\/p>\n\n\n\n<p>La guerre vint&nbsp;; et, dans les premiers jours de d\u00e9cembre, les Prussiens p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent \u00e0 Cormeil.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me rappelle cela comme d\u2019hier. Il gelait \u00e0 fendre les pierres&nbsp;; et j\u2019\u00e9tais \u00e9tendu moi-m\u00eame dans un fauteuil, immobilis\u00e9 par la goutte, quand j\u2019entendis le battement lourd et rythm\u00e9 de leurs pas. De ma fen\u00eatre, je les vis passer.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils d\u00e9filaient interminablement, tous pareils, avec ce mouvement de pantins qui leur est particulier. Puis les chefs distribu\u00e8rent leurs hommes aux habitants. J\u2019en eus dix-sept. La voisine, la folle, en avait douze, dont un commandant, vrai soudard, violent, bourru.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant les premiers jours, tout se passa normalement. On avait dit \u00e0 l\u2019officier d\u2019\u00e0&nbsp;c\u00f4t\u00e9 que la dame \u00e9tait malade&nbsp;; et il ne s\u2019en inqui\u00e9ta gu\u00e8re. Mais bient\u00f4t cette femme qu\u2019on ne voyait jamais l\u2019irrita. Il s\u2019informa de la maladie&nbsp;; on r\u00e9pondit que son h\u00f4tesse \u00e9tait couch\u00e9e depuis quinze ans par suite d\u2019un violent chagrin. Il n\u2019en crut rien sans doute, et s\u2019imagina que la pauvre insens\u00e9e ne quittait pas son lit par fiert\u00e9, pour ne pas voir les Prussiens, et ne leur point parler, et ne les point fr\u00f4ler.<\/p>\n\n\n\n<p>Il exigea qu\u2019elle le re\u00e7\u00fbt&nbsp;; on le fit entrer dans sa chambre. Il demanda, d\u2019un ton brusque&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je vous prierai, matame, de fous lever et de tescentre pour qu\u2019on fous foie.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle tourna vers lui ses yeux vagues, ses yeux vides, et ne r\u00e9pondit pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reprit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Che ne tol\u00e9rerai bas d\u2019insolence. Si fous ne fous levez bas de ponne volont\u00e9, che trouverai pien un moyen de fous faire bromener toute seule.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne fit pas un geste, toujours immobile comme si elle ne l\u2019e\u00fbt pas vu.<\/p>\n\n\n\n<p>Il rageait, prenant ce silence calme pour une marque de m\u00e9pris supr\u00eame. Et il ajouta&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Si vous n\u2019\u00eates pas tescentue temain\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, il sortit.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le lendemain, la vieille bonne, \u00e9perdue, la voulut habiller&nbsp;; mais la folle se mit \u00e0 hurler en se d\u00e9battant. L\u2019officier monta bien vite&nbsp;; et la servante, se jetant \u00e0 ses genoux, cria&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Elle ne veut pas, monsieur, elle ne veut pas. Pardonnez-lui&nbsp;; elle est si malheureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soldat restait embarrass\u00e9, n\u2019osant, malgr\u00e9 sa col\u00e8re, la faire tirer du lit par ses hommes. Mais soudain il se mit \u00e0 rire et donna des ordres en allemand.<\/p>\n\n\n\n<p>Et bient\u00f4t on vit sortir un d\u00e9tachement qui soutenait un matelas comme on porte&nbsp;un bless\u00e9. Dans ce lit qu\u2019on n\u2019avait point d\u00e9fait, la folle, toujours silencieuse, restait tranquille, indiff\u00e9rente aux \u00e9v\u00e9nements tant qu\u2019on la laissait couch\u00e9e. Un homme par derri\u00e8re portait un paquet de v\u00eatements f\u00e9minins.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019officier pronon\u00e7a en se frottant les mains&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Nous ferrons pien si vous ne poufez bas vous hapiller toute seule et faire une b\u00e9tite bromenate.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis on vit s\u2019\u00e9loigner le cort\u00e8ge dans la direction de la for\u00eat d\u2019Imauville.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux heures plus tard les soldats revinrent tout seuls.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne revit plus la folle. Qu\u2019en avaient-ils fait&nbsp;? O\u00f9 l\u2019avaient-ils port\u00e9e&nbsp;! On ne le sut jamais.<\/p>\n\n\n\n<p><br>La neige tombait maintenant jour et nuit, ensevelissant la plaine et les bois sous un linceul de mousse glac\u00e9e. Les&nbsp;loups venaient hurler jusqu\u2019\u00e0 nos portes.<\/p>\n\n\n\n<p>La pens\u00e9e de cette femme perdue me hantait&nbsp;; et je fis plusieurs d\u00e9marches aupr\u00e8s de l\u2019autorit\u00e9 prussienne, afin d\u2019obtenir des renseignements. Je faillis \u00eatre fusill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le printemps revint. L\u2019arm\u00e9e d\u2019occupation s\u2019\u00e9loigna. La maison de ma voisine restait ferm\u00e9e&nbsp;; l\u2019herbe drue poussait dans les all\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La vieille bonne \u00e9tait morte pendant l\u2019hiver. Personne ne s\u2019occupait plus de cette aventure&nbsp;; moi seul y songeais sans cesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019avaient-ils fait de cette femme&nbsp;? s\u2019\u00e9tait-elle enfuie \u00e0 travers les bois&nbsp;! L\u2019avait-on recueillie quelque part, et gard\u00e9e dans un h\u00f4pital sans pouvoir obtenir d\u2019elle aucun renseignement. Rien ne venait all\u00e9ger mes doutes&nbsp;; mais, peu \u00e0 peu, le temps apaisa le souci de mon c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, \u00e0 l\u2019automne suivant, les b\u00e9casses&nbsp;pass\u00e8rent en masse&nbsp;; et, comme ma goutte me laissait un peu de r\u00e9pit, je me tra\u00eenai jusqu\u2019\u00e0 la for\u00eat. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 tu\u00e9 quatre ou cinq oiseaux \u00e0 long bec, quand j\u2019en abattis un qui disparut dans un foss\u00e9 plein de branches. Je fus oblig\u00e9 d\u2019y descendre pour y ramasser ma b\u00eate. Je la trouvai tomb\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019une t\u00eate de mort. Et brusquement le souvenir de la folle m\u2019arriva dans la poitrine comme un coup de poing. Bien d\u2019autres avaient expir\u00e9 dans ces bois peut-\u00eatre en cette ann\u00e9e sinistre&nbsp;; mais je ne sais pas pourquoi, j\u2019\u00e9tais s\u00fbr, s\u00fbr, vous dis-je, que je rencontrais la t\u00eate de cette mis\u00e9rable maniaque.<\/p>\n\n\n\n<p>Et soudain je compris, je devinai tout. Ils l\u2019avaient abandonn\u00e9e sur ce matelas, dans la for\u00eat froide et d\u00e9serte&nbsp;; et, fid\u00e8le \u00e0 son id\u00e9e fixe, elle s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9e mourir sous l\u2019\u00e9pais et l\u00e9ger duvet des neiges et sans remuer le bras ou la jambe.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis les loups l\u2019avaient d\u00e9vor\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Et les oiseaux avaient fait leur nid avec la laine de son lit d\u00e9chir\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai gard\u00e9 ce triste ossement. Et je fais des v\u0153ux pour que nos fils ne voient plus jamais de guerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">FIN<\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La folle \u00bb est une nouvelle de Guy de Maupassant, publi\u00e9e le 5 d\u00e9cembre 1882 dans le journal Le Gaulois. L&rsquo;histoire pr\u00e9sente une femme qui, apr\u00e8s avoir perdu en peu de temps son p\u00e8re, son mari et son nouveau-n\u00e9, sombre dans un \u00e9tat de prostration et de mutisme absolu. Pendant quinze ans, elle reste immobile dans son lit, soign\u00e9e par une vieille servante, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la guerre franco-prussienne atteigne son village et qu&rsquo;un officier ennemi, irrit\u00e9 par son apparente indiff\u00e9rence, interpr\u00e8te sa maladie comme un geste de r\u00e9sistance et d&rsquo;arrogance.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":26080,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_blocks_custom_css":"","_kad_blocks_head_custom_js":"","_kad_blocks_body_custom_js":"","_kad_blocks_footer_custom_js":"","footnotes":""},"categories":[826],"tags":[844,843,1456],"class_list":["post-26081","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nouvelles","tag-france-fr","tag-guy-de-maupassant-fr","tag-realiste","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33"],"acf":[],"taxonomy_info":{"category":[{"value":826,"label":"Nouvelles"}],"post_tag":[{"value":844,"label":"France"},{"value":843,"label":"Guy de Maupassant"},{"value":1456,"label":"R\u00e9aliste"}]},"featured_image_src_large":["https:\/\/lecturia.org\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Guy-de-Maupassant-La-loca.webp",1024,1024,false],"author_info":{"display_name":"Juan Pablo Guevara","author_link":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/author\/spartakku\/"},"comment_info":"","category_info":[{"term_id":826,"name":"Nouvelles","slug":"nouvelles","term_group":0,"term_taxonomy_id":826,"taxonomy":"category","description":"","parent":0,"count":70,"filter":"raw","cat_ID":826,"category_count":70,"category_description":"","cat_name":"Nouvelles","category_nicename":"nouvelles","category_parent":0}],"tag_info":[{"term_id":844,"name":"France","slug":"france-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":844,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":26,"filter":"raw"},{"term_id":843,"name":"Guy de Maupassant","slug":"guy-de-maupassant-fr","term_group":0,"term_taxonomy_id":843,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":18,"filter":"raw"},{"term_id":1456,"name":"R\u00e9aliste","slug":"realiste","term_group":0,"term_taxonomy_id":1456,"taxonomy":"post_tag","description":"","parent":0,"count":16,"filter":"raw"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26081\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26080"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lecturia.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}